Deux cents voix, voilà ce qui a manqué à Pierre Cardo pour être réélu dès le premier tour. Avec 49,56 % des voix, le député sortant UMP qui brigue un quatrième mandat est donc contraint à un second tour qui l'opposera dimanche prochain à Estelle Rodes, candidate socialiste qui a recueilli 24,5 % des suffrages exprimés.
Talonné par E. Rodes à Conflans
Jusqu'au bout, les militants UMP, réunis à la salle des fêtes de Chanteloup, fief de Pierre Cardo, y ont cru. Le député sortant étant majoritaire dans 13 des 14 communes de la circonscription, les choses semblaient plutôt bien engagées pour lui. C'était sans compter sur le poids du vote de Conflans. Dans cette ville, la plus importante de la circonscription, Pierre Cardo arrive en tête mais n'obtient « que » 39,30 %. Avec 32,46 %, Estelle Rodes améliore le résultat qu'avait obtenu Ségolène Royal au 1er tour de la présidentielle. Les militants socialistes conflanais semblent donc s'être mobilisés pour faire barrage au député sortant, même si ce dernier conserve une avance de 900 voix.
À Chanteloup, l'autre ville de la circonscription où Ségolène Royal était arrivée en tête, la candidate PS-PRG enregistre un score honorable de 28,16 %.
Contrairement à l'élection présidentielle, les quartiers populaires, porteurs de voix pour la gauche, se sont très peu mobilisés pour ce premier tour des législatives. Mais il est clair que le désistement de Philippe Esnol, principal challenger de Pierre Cardo, a été lourd de conséquence pour la gauche. De nombreux électeurs se sont sentis orphelins ou ne se sont pas reconnus dans la candidature socialiste, et ne sont pas allés voter. Estelle Rodes compte donc sur un « sursaut démocratique » pour renverser la tendance. Mais ses réserves de voix paraissent bien minces. Le PCF n'a recueilli que 2,37 % et la candidate des Verts 3,56 %. Autant dire que même si elle fait le plein des voix à gauche, la tâche s'annonce très compliquée.
Le MoDem ne concrétise pas
Autre enseignement de ce scrutin, la désillusion du Modem. L'abstention et le vote utile auront été fatals à Michel Marqué, qui n'a mobilisé que 8,1 % des voix. La tendance nationale se confirme donc localement, avec un mouvement qui n'arrive pas à trouver pas sa place sur l'échiquier politique. La question est aujourd'hui de savoir vers quel candidat va se tourner l'électorat centriste au second tour. Aucune consigne de vote n'a été donnée.
Après la claque de la présidentielle, la chute du FN se poursuit. Myriam Baeckroot fait 4,6 % contre 11,72 % au premier tour des législatives de 2002.
Dans ce contexte la route s'annonce bien dégagée pour Pierre Cardo, qui a amélioré son score de quatre points par rapport au premier tour de 2002. Toutefois ce dernier ne verse pas dans le triomphalisme. « Je ne suis pas inquiet mais je garde en mémoire que beaucoup d'électeurs attendaient la sélection des deux finalistes pour aller voter. Pour cette dernière ligne droite, je reste confiant mais concentré. »




