« Le bureau directeur a décidé de remettre une démission collective. Il a estimé qu’il n’avait pas les moyens de travailler dans la sérénité et ne voulait pas revivre les problèmes rencontrés cette année. Merci aux dirigeants, aux éducateurs, aux parents et aux joueurs de nous avoir permis de réaliser une belle saison. » Un an après son intronisation, le président Jean-Pierre Moine quitte le FC Mantois. Et avec lui tous les membres du bureau. « Je ne veux plus de polémique », a expliqué Jean-Pierre Moine, « soulagé » de quitter la fonction. « Je reste satisfait du travail que nous avons réalisé, tant au niveau sportif que financier. On a commencé à résorber le trou de 80 000 € que le club traîne depuis des années. Le travail pour reconstruire une équipe 1 a porté ses fruits. Je regrette qu’on n’ait pas eu le temps de travailler plus globalement. On va tout faire pour rendre le club proprement, pour qu’une continuité soit assurée. On va régler les derniers détails administratifs et rendre les clés aux élus. »
Ses départs en masse interviennent après des mois de conflit avec d’autres membres du club. Ces derniers voulaient avoir leur mot à dire dans les décisions prises par le club en matière de politique sportive. Ils ont donc voulu présenter des candidats à l’élection de l’assemblée générale. Mais le bureau directeur a décidé, d’abord, de passer de neuf à six membres. Puis il a organisé des élections qu’il a ensuite invalidées, refusant à Ali Ouazene et Djibril Sarr, les membres élus, de siéger au sein du bureau. Pris à partie, les élus des trois communes (Mantes-la-Jolie, Mantes-la-Ville, Buchelay) et de la Camy ont tenté de dégager un consensus entre les opposants. Les points d’achoppement étaient finalement trop nombreux.
On peut penser que la crise a commencé en fin de saison dernière, lorsque l’équipe première a été reléguée de CFA en CFA 2. Membre emblématique du club, Robert Mendy apprenait alors qu’il n’était pas reconduit à la tête de l’équipe première qu’on lui avait confié quelques mois auparavant. Il quittera le club un peu plus tard après de nombreuses tergiversations. Nordine Kourichi se retrouvait à la tête d’une équipe exsangue : seize départs parmi lesquels d’autres membres emblématiques : le libero Georges Mendy et l’ailier gauche Julien Ictoi, partis à Quevilly (CFA), au FCM depuis les premières années de vache maigre, lorsqu’il se morfondait à un niveau régional.
Sam Damergie, 42 ans, chef d’entreprise et ancien rugbyman de haut niveau, père d’un jeune joueur, est pressenti pour devenir le président. Joint au téléphone, il confirme mais refuse de s’exprimer « tant que rien n’est officiel. » Le retour de Robert Mendy au sein du club est également en bonne voie. Il pourrait reprendre la tête de l’équipe réserve. Lui non plus ne veut pas s’exprimer sur le sujet. Il reste à voir comment il pourra cohabiter avec Nordine Kourichi, qui vient de signer un contrat de deux ans. Le coach considère qu’il est le patron technique des équipes seniors mais attend lui aussi de voir comment la situation se décante. Il a refusé cette semaine les services de Georges Mendy. Et Guindo, le virevoltant milieu gauche arrivé cette saison, a signé à Pacy-sur-Eure. Ça n’a pas fini de bouger chez les Sang et Or.






