Un permis de construire divise les élus
Des travaux de rénovation d’un bâtiment privé, qui ne correspondraient pas au permis de construire, sont au cœur d’une polémique entre les élus. Isolé face à ses adjoints, le maire entend toutefois mener son mandat jusqu’à son terme.
Frédéric Le Bozec
Le Courrier de Mantes
Publié le: 23 mai 2007
Page 27
À moins d’un an de la fin du mandat municipal, l’équipe à la tête du village de 594 habitants est dans la tourmente. En cause : des travaux d’extension d’une « grange » - selon l’appellation du maire -, présumés non conformes au permis de construire. C’est en tout cas ce que soutiennent sept des onze élus du conseil.
Les premier, second et quatrième adjoints en tête, ils protestent « depuis plusieurs mois » auprès du maire, Robert Colas, pour qu’il intervienne. « Il nous a dit qu’il ne ferait rien pour arrêter les travaux. Ce que l’on veut, c’est que la loi soit respectée. Rien de plus », s’indignent Gérard Pernelle, Michèle Joye et Jean Gerpillon.
Réserves
Les travaux portent sur la restauration de cet ancien bâtiment, édifié « qui ne figurait déjà pas au plan d’occupation des sols ».
En décembre 2005, le permis de construire avait fait l’objet d’un référé, déposé par le premier adjoint, Gérard Pernelle, devant le tribunal administratif. Sur ce point, la justice suit son cours.
Selon les arguments des élus, le propriétaire, que « Le Courrier » n’a pas pu joindre, ne respecte pas les réserves émises par l’architecte des Bâtiments de France, à la fois sur la nature de la toiture qui doit être réalisée « en petites tuiles plates de terre cuite » mais aussi sur leur teinte et la hauteur du toit.
La démolition de la façade est aussi source de litige, tout comme les deux cheminées.
Des courriers ont été adressés au maire, à la direction départementale de l’équipement par voie d’avocat, mais aussi à la sous-préfète.
Le premier magistrat de la commune et ses adjoints ont justement été reçus en sous-préfecture, mardi 15 mai.
« L’entretien a duré environ une heure. Le dialogue a été correct et chacun a pu exprimer sa vision du dossier. Un contrôle sur place, comme le prévoit le Code de l’urbanisme, doit avoir lieu dans les meilleurs délais par la DDE », indique-t-on, rue de Lorraine, à Mantes-la-Jolie. La date du contrôle n’a pas été communiquée.
« Ils pensent aux futures élections »
L’affaire s’est sérieusement envenimée ces derniers temps. À tel point que le budget communal n’a pu être voté, le maire se retrouvant isolé avec deux conseillers municipaux à ses côtés.
Robert Colas assure avoir adressé fin mars au propriétaire une lettre recommandée sur les éléments litigieux de la construction. D’après l’édile, les éléments pointés par ses détracteurs sont « mineurs ». Ses collègues « pensent plus aux futures élections qu’à la bonne gestion de (la) commune », estime-t-il.
« Quant à la réception offerte par (le propriétaire) en présence de Pierre Bédier (une rencontre récente, également évoquée par les adjoints, NDLR), cela n’avait rien à voir avec cet aménagement, ajoute le maire. Quand je suis invité, libre à moi d’y aller sans avoir à rendre de compte à mes adjoints. »
Robert Colas entend bien mener son mandat jusqu’à son terme, c’est-à-dire jusqu’en mars 2008. Ses adjoints aussi, à entendre Gérard Pernelle. Le climat peut-il rester aussi tendu jusqu’à cette date ?
Quoi qu’il en soit, le budget de la commune a été soumis pour avis à la chambre régionale des comptes. Il n’attend plus qu’un arrêté préfectoral pour être validé.
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