Législatives, 9e circonscription. Henri Cuq sur du velours
Fidèle chiraquien, Henri Cuq n’est pas aujourd’hui sur la liste des ministrables. Il rendra dans quelques jours son maroquin de ministre des relations avec le Parlement. Mais il est déjà en campagne pour reconquérir la 9e circonscription. Il aura face à lui au moins cinq challengers.
Francine Carrière
Le Courrier de Mantes
Publié le: 16 mai 2007
Page 10
Henri Cuq (UMP), n’est pas tout à fait le député sortant, mais c’est tout comme. En effet, c’est bien lui qui avait gagné haut la main l’élection législative de juin 2002. Mais en avril 2004, appelé dans le gouvernement Raffarin pour prendre en charge les relations avec le Parlement, il avait dû céder sa place à son suppléant Pierre Amouroux.
Profondément attaché à la 9e circonscription, à 65 ans, il repart à la conquête de son siège de député. Féminisation de la vie politique oblige, il fera équipe, cette fois, avec une femme. C’est Sophie Primas, maire adjointe UMP d’Aubergenville, qui prend ainsi du galon.
Réélection facile depuis 1988
Ami fidèle de Jacques Chirac, Henri Cuq n’est pas sur la liste des ministrables, du moins pas dans la première équipe très resserrée qui sera constituée autour de Nicolas Sarkozy. Autant dire qu’il peut désormais consacrer tout son temps aux législatives. En homme politique expérimenté, il sait qu’une élection se gagne sur le terrain et qu’il lui faudra mener campagne. Mais au regard des résultats précédents, les portes du Palais Bourbon lui sont largement ouvertes. En fait depuis 1988, date de sa première élection, il a toujours été réélu facilement. Il a tout de même dû traverser la zone de turbulence de la dissolution de juin 1997 accompagnée par la montée du Front national. Il est sorti victorieux d’une triangulaire toujours dangereuse. Le candidat FN Jean-Michel Bayvet avait fait 23,5 % et le socialiste Jean-Alain Rousseau 19,58 % au premier tour.
En 2002, retour au calme. Et ce n’est pas la pléthore de candidats qui l’a inquiété. Ils étaient seize ! Dans la foulée de la réélection de Jacques Chirac, il avait bien failli gagner dès le premier tour. Il avait réalisé son meilleur score d’un premier tour 47, 74 % suivi d’une victoire avec 63,52 % des suffrages.
Fin politique, Henri Cuq bénéficie en outre d’une circonscription taillée sur mesure. La droite y joue sur du velours. La seule épine électorale dans le pied de l’UMP sur cette circonscription ce sont les Mureaux. Historiquement à gauche, la ville a une nouvelle fois confirmé son ancrage lors de la présidentielle en mettant Ségolène Royal très largement en tête (60 % au second tour). Certes le nombre d’électeurs sur la plus importante commune de la circonscription augmente (ils sont désormais 15 000), mais le vote muriautin ne suffit pas à contrebalancer les cantons ruraux de Guerville et de Houdan où Henri Cuq est dans son jardin, ni ceux d’Aubergenville et de Bonnières où il dispose de solides appuis et réalise toujours de bons scores. Bref, sur la carte de cette circonscription en forme de croissant, l’étendard UMP est bien planté.
En juin, Henri Cuq retrouvera quelques-uns de ses adversaires des précédentes confrontations. Il aura notamment face à lui le même candidat du Front national Jean-Louis d’André. Ce dernier réitérera-t-il son score de 2002 à 15,71 % ou bien suivra-t-il la dégringolade de Jean-Marie Le Pen (10,75 % au premier tour de la présidentielle) ? Il retrouvera également le communiste Joseph Tréhel qui était candidat en 1997 (7,16 %).
À gauche, la donne a changé par rapport à 2002. Au bénéfice d’une candidature unique Verts- PS, l’écologiste Albert Bischerour avait réalisé un score honorable (23,81 %). Cette fois les deux formations partent en ordre dispersé. Le Muriautin Mohammed Sik représentera les Verts.
Une socialiste dynamique
Le PS aura une nouvelle candidate. À l’image de Ségolène Royal, Dominique Francesconi, militante à Epône, veut incarner une nouvelle façon de faire de la politique « plus participative ». Elle a mis à son programme l’éducation et la formation, la famille, la défense des services publics et des droits du travail. Ouverte au dialogue et dynamique, elle souffre malgré tout d’un manque de notoriété qui sera difficile à combler sur cette vaste circonscription où l’élection se gagne avant tout dans les petites communes rurales.
Autant dire que les challengers d’Henri Cuq devront couvrir du terrain d’ici au 10 juin.
Les challengers déclarés
Gérard de Vaureix, MPF
Voici une nouvelle tête sur la 9e circonscription. Cet ingénieur de l’aéronautique âgé de 65 ans, aujourd’hui à la retraite, se lance en politique aux côtés de Philippe de Villiers. « Je suis un homme de droite. Ses choix courageux et ses combats pour des valeurs me correspondent », explique-t-il. Gérard de Vaureix a été longtemps responsable syndical chez EADS aux Mureaux.
Joseph Tréhel, PCF
« Combat et résistance face au programme ultra-libéral de Nicolas Sarkozy » : c’est le sens de la candidature de Joseph Tréhel qui se place dans la continuité de la présidentielle. Conseiller régional, élu des Mureaux, Joseph Tréhel, n’a pas pris sa retraite à 60 ans. À 62 ans, il est aussi rédacteur en chef du magazine L’élu d’aujourd’hui.
Jean-Louis d’André, FN
C’est la quatrième fois que Jean-Louis D’André se présente sur la 9e circonscription. Cet officier d’activité en retraite, âgé de 62 ans est aussi conseiller municipal des Mureaux. Lutte contre l’insécurité, défense de la famille, liberté scolaire : il développe les thèmes habituels du Front national.
Dominique Francesconi, PS
Militante au PS depuis 6 ans, cette Epône de 47 ans, mariée et mère de trois enfants conjugue vie professionnelle (assistante de direction chez EDF-GDF), vie de famille et engagement politique. Dominique Francesconi est une battante. Scolarité, éducation, défense du service public : ces thèmes développés par Ségolène Royal lui sont chers.
Mohammed Sik, Les Verts
Représentant de la tendance « écologie populaire », ce muriautin de 46 ans, professeur de sciences physiques, est candidat pour la première fois aux législatives. L’essentiel de son programme porte sur les questions du « vivre ensemble ». « Justice sociale, valorisation des cultures pour défense la dignité de l’homme, combattre la discrimination d’être arabe, noir, pauvre ou musulman ».
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