C’est l’histoire d’un village qui explore son passé en toute convivialité. Voilà l’essence même de l’exposition Mémoire de Porcheville. Sous l’impulsion de la municipalité et grâce aux recherches appuyées de Corinne Gomond, 5e adjointe au maire, de Françoise Wissler, archiviste, et de Danièle Jamet, secrétaire, une rétrospective poussée des antécédents de la commune permet enfin de découvrir et de comprendre l’histoire de Porcheville. « Ce projet est, au départ, une commande de Maurice Robert qui voulait redonner vie à une ancienne exposition. C’est comme cela que j’ai commencé à faire des recherches pour me rendre compte qu’il y avait énormément de choses à raconter », explique Corinne Gomond.
Avant tout, nos trois enquêtrices de la mairie ont étudié de nombreux documents. Elles se sont rendues aux archives départementales des Yvelines ou encore à la Bibliothèque nationale de France. Ensuite, elles ont patiemment collecté différentes cartes postales et photographies accompagnées des témoignages de personnes âgées. « À force de proposer leur propre histoire au Porchevillois, il m’est venu l’idée d’en faire un ouvrage d’une centaine de pages, avec beaucoup d’informations, de beaux clichés et de belles illustrations », ajoute-t-elle.
D’hier à aujourd’hui
De la culture de la vigne à l’urbanisation, de l’époque des résidences secondaires pour parisiens à l’avènement d’une nouvelle ère signe de modernité, avec l’arrivée de la centrale EDF, ce livre sera basé sur le modèle de l’exposition. Prévu pour janvier 2008, il devrait combiner des textes et des duos de photos, sur le principe du avant-après, pour illustrer les changements qui ont eu lieu.
Mais la valeur ajoutée de ce recueil pourrait bien provenir des anecdotes croustillantes révélées par les habitants eux-mêmes. Par exemple la cavale de Pierrot le Fou qui s’est terminée à… Porcheville. Ou encore cette dame qui est venue sonner chez l’adjointe pour lui dire : « Corinne, j’ai pensé à toi, j’ai retrouvé des photos de mon mari dans les champs de Porcheville ». Des petites attentions qui donnent l’envie de continuer à la petite équipe : « Ce sont les anecdotes et la mémoire vivante de ce village qui font que son histoire s’écrit : ça fait chaud au cœur et c’est génial ! »
Renfort des seniors
Débordées par ce projet qui dépasse les espérances de tous, les trois protagonistes de cette aventure ont reçu le renfort d’un groupe de personnes âgées de la commune. Ces seniors ont proposé spontanément de s’occuper des visites et de l’entretien de l’exposition, pour aider à mettre en avant les atouts de leur ville. Et des atouts, la commune en est remplie. Comme l’indique Françoise Wissler : « Le problème c’est que nous sommes un lieu de passage obligé pour beaucoup de gens qui ne font que passer et ne voient rien du bourg en lui-même. Il faut vraiment aller à l’intérieur pour se rendre compte qu’il s’agit d’un village rural avec des racines et un cœur historique. »
Thomas Gourlin
La cavale de Pierrot le Fou
« J’ai rencontré un ancien commissaire de police qui a habité ici. Il s’est présenté comme un passionné de l’histoire de Pierrot le Fou pour me raconter que ce dernier serait mort, par hasard, à Porcheville. En effet, après quelques investigations, j’ai découvert que dans la nuit du 11 novembre 1946, l’ennemi public numéro un, Pierre Loutrel, est venu finir sa lente agonie chez un ami porchevillois : Raymond Courtois.
« Après un casse chez un bijoutier de Paris, Loutrel s’est blessé à l’abdomen en cherchant à rengainer son arme. Il passera plusieurs jours à l’hôpital sous un faux nom pour être finalement transporté chez son ami de Porcheville. Pierrot le Fou mourra à la Titoune, et sera enterré sans ménagement sur l’île de Chataignon. Les restes du hors-la-loi ne seront découverts qu’en mai 1949 et identifiés grâce à une incisive en biseau. Pierre Loutrel, enfant, était tombé d’un arbre », raconte Corinne Gomond.




