Le conseil municipal partagé sur le soutien aux sans-papiers
Ce type d’initiative emporte rarement l’unanimité. Et l’on a vu une majorité municipale assez partagée lorsqu’il s’est agi d’adopter le texte de Joseph Tréhel, jeudi dernier. Papa Whaly Danfakha, adjoint aux affaires scolaires, engagé dans la défense des élèves dont les parents sont en situation irrégulière, avec le Réseau éducation sans frontières, a donné le la.
Frédéric Antoine
Le Courrier de Mantes
Publié le: 16 mai 2007
Page 28
« Il est de notre devoir d’apporter une solidarité active vers ceux qui vivent des situations difficiles, et dont certains travaillent, ont un salaire, sont déclarés… Certaines personnes sous la menace d’une expulsion vivent aussi depuis longtemps en France », a déclaré en ouverture Joseph Tréhel, avant l’adoption de sa motion.
Les conseillers municipaux qui le souhaitaient ont donc été invités par le texte proposé par le conseiller municipal communiste à se joindre au mouvement des parrainages des familles de sans-papiers (voir le résumé de la motion en encadré). « Cette politique d’expulsion (mise en place à l’initiative du ministère de l’Intérieur, NDLR) a déjà provoqué des réactions saines. Ce qui a abouti au recul du gouvernement qui avait ouvert le régime de l’arbitraire », rappelle le conseiller municipal communiste.
Papa Whaly Danfakha, l’adjoint aux affaires scolaires (PS), a regretté qu’il ne soit pas fait mention de RESF dans la motion proposée, même si Joseph Tréhel y a fait implicitement référence. Félicitant tout de même son collègue de son initiative, il a estimé que le texte ne pouvait avoir d’autre objet que d’« empêcher les expulsions d’enfants scolarisés », « afin qu’ils puissent aller au bout de leur scolarité ».
« Dans ce conseil, nous sommes d’accord pour dénoncer les menaces d’expulsion qui pèsent sur les enfants scolarisés dont les parents sont en situation irrégulière. Rappelons aussi que ces mesures sont prises en application de directives européennes de contrôle des flux migratoires », a ajouté Jean Delarue (PT).
Marianne Cantau, première adjointe au maire chargée du “Respect de la règle”, a voté le texte mais a émis quelques réserves : « Il ne faudrait pas que l’on croie que cette motion est un blanc-seing à la régularisation générale. Il faut regarder au cas par cas. Cela ne veut pas dire que l’on va parrainer toutes les personnes en situation irrégulière », a-t-elle insisté. L’adjointe au maire a aussi déclaré que les lois françaises étaient « contradictoires » en matière d’immigration. « Pour le cas des mères polygames ni régularisables, ni expulsables, qu’est-ce qu’on fait ? » Elle exprimait sa gêne d’être parfois confrontée, en tant qu’officier de l’état civil, à ces cas de mariages blancs (lorsqu’une personne en situation irrégulière épouse une autre personne de nationalité française et reçoit automatiquement la nationalité).
Dans la majorité, six membres se sont abstenus. Deux d’entre eux craignant de créer un « appel d’air », ou de donner « un chèque en blanc à l’immigration », pour reprendre leurs termes. À droite, quatre élus n’ont pas participé au vote et ne se sont pas exprimés.
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