Avec 58,71 % des suffrages et 435 000 voix, Nicolas Sarkozy est le grand vainqueur dans les Yvelines. Malgré une participation en légère baisse (86,18 % contre 87,43 % au premier tour) et un triplement du vote blanc (3,79 % contre 0,96 % au premier tour), le candidat de l’UMP augmente même son avance de trois points sur Ségolène Royal par rapport au premier tour.
Visiblement, comme partout en France, l’appel à l’abstention lancé par le leader du Font National, le 1er mai, n’a pas porté.
Nicolas Sarkozy, qui totalisait 291 645 voix au premier tour a dû d’ailleurs fédérer une grande partie de l’électorat ultra-conservateur de Philippe de Villiers, sur son nom, tout en réussissant à attirer une part de celui de François Bayrou. Le candidat centriste avait en effet obtenu plus de 169 000 suffrages au premier tour, arrivant en seconde position dans six circonscriptions du département, et même si la politique n’est pas qu’une question d’arithmétique, le rapprochement des chiffres est éclairant.
Encore 11 sur 12
En tête dans la très grande majorité des communes, avec parfois des scores de plébiscite dans le secteur rural (84 % à Gambaiseuil !) Nicolas Sarkozy arrive premier dans onze circonscriptions sur douze. Seule la onzième (Trappes-Elancourt tenue par le député UMP Jean-Michel Fourgous) lui échappe. Un grosse déception pour ce dernier, qui voit, de plus, son candidat battu d’une courte tête dans sa propre ville. Dur pour un sarkozyste convaincu !
Ailleurs, le rouleau compresseur a parfaitement fonctionné. Le nouveau président réalise même un score étonnant dans la troisième circonscription, celle de Christian Blanc récent transfuge de l’UDF : 69,78 %. De quoi s’assurer un portefeuille de ministre, et surtout de couper court à certaines velleités aux législatives.
Royal rassemble au-delà de la gauche
Ségolène Royal, n’a pourtant pas démérité. Avec 41,29 % des voix dans les Yvelines elle a élargi sa base électorale de 67 682 voix. Elle a pour cela rassemblé au-delà de la gauche qui ne totalisait que 30,77 % des votes au premier tour, attirant à elle un gros tiers des électeurs de François Bayrou. Elle a même créé quelques surprises en devançant Nicolas Sarkozy dans des villes de droite comme Elancourt, Les Clayes-sous-Bois ou Plaisir, tout en maintenant les positions acquises au premier tour, voire en les renforçant comme cela a été le cas à Trappes, Mantes-la-Jolie, Sartrouville et Chanteloup-les-Vignes. Des villes où une trentaine d’incidents (incendies de voitures, feux de poubelles et jets de pierre sur des voitures de police) ont éclaté en fin de soirée.
La cristallisation du vote anti-Sarkozy suffira-t-elle à faire basculer certaines circonscriptions dans les bras de la gauche ? Tout dépendra à la fois du choix de l’équipe qui entourera le prochain président de la République et de ses premières décisions. Car aux législatives, l’équation personnelle des candidats, qu’ils soient sortants ou challengers, joue pour beaucoup. Sans compter que les découpages actuels favorisent nettement la majorité sortante. Reste que le score réalisé par Ségolène Royal, dans des villes où on ne l’attendait pas, comme Plaisir ou Les Clayes-sous-Bois, pourrait, s’il était bien capitalisé, fragiliser la place de plusieurs députés sortants de l’UMP. D’autant plus, s’ils sont chahutés par leurs « amis » du nouveau parti de François Bayrou, qui a répété haut et fort qu’il présenterait des candidats partout.




