Score serré sur la 8e, Sarkozy prend le large sur la 9e
Les deux principales circonscriptions du Mantois-Val-de-Seine ont placé Nicolas Sarkozy en tête. Mais le candidat de l’UMP est talonné par sa rivale socialiste sur la 8e, tandis qu’il règne sans partage sur le 9e, à l’exception des Mureaux.
Francine Carrière
Le Courrier de Mantes
Publié le: 09 mai 2007
Page 10
Au soir du premier tour, sur la 8e circonscription, Nicolas Sarkozy était en tête avec une courte avance : 30,15 % des suffrages contre 28,82 % à sa rivale socialiste. Dimanche, il a conservé exactement le même écart d’un petit point. Sur les 54 805 voix exprimées, il en totalise 27 888, soit 971 de plus que Ségolène Royal. La participation est en légère baisse. On enregistre 845 votants en moins.
L’un des faits marquants de ce scrutin est le nombre impressionnant de bulletins blancs et nuls. Le chiffre bondit de 683 à 2 053. Il représente 3,61 % des votants. Faut-il y voir la traduction dans les urnes de l’absence de consignes de vote du centriste François Bayrou ? Très certainement, une frange des électeurs désemparés a préféré ne pas se prononcer pour l’un ou l’autre des candidats.
Virage à gauche sur la 8e
Autre élément fort de cette soirée électorale : le score de Ségolène Royal qui fait mieux que résister à Mantes-la-Jolie où elle obtient 59,60 % des voix. Elle confirme ainsi le scrutin du premier tour. Au Val-Fourré une nouvelle fois, le vote “anti-Sarko” a fonctionné. Le futur président doit s’y contenter d’un piètre résultat : seulement 1 052 voix, soit 17,9 %.
Mantes-la-Ville ayant renvoyé les deux candidats dos à dos, c’est les autres communes de l’agglomération et dans les villages du Vexin que le représentant de l’UMP a comblé son écart.
Dans l’ensemble, la candidate socialiste a bénéficié d’une forte mobilisation de l’électorat et d’un excellent report des voix venues de la gauche anti-libérale.
Ce score permet-il d’opérer une projection pour les législatives ? C’est tentant et légitime. Toute la question est de savoir si le vote massif pour Ségolène Royal était uniquement un vote “anti-Sarko”, ou l’expression d’une réelle volonté de virage à gauche.
Si le second cas de figure est le bon, le candidat sortant Pierre Bédier peut se faire du souci. Sa réélection n’est pas gagnée.
La 9e confirme à droite
Sur la 9e, le ministre Henri Cuq partira sûrement plus serein. Malgré le score très élevé de la gauche aux Mureaux (60 % pour Ségolène Royal), la circonscription reste ancrée à droite. II faut dire que la 9e, née du découpage opéré par Charles Pasqua, est assez atypique : d’un côté les Mureaux, bastion historique de la gauche, de l’autre les cantons ruraux de Guerville, Houdan et Bonnières, au centre, en quelque sorte Aubergenville et la vallée de la Mauldre. Les cantons ont toujours annulé le vote muriautin. Ce fut encore le cas dimanche soir où Nicolas Sarkozy a été plébiscité dans les campagnes. Il y dépasse régulièrement les 64 %. bref, le boulevard est ouvert pour Henri Cuq.
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