Les challengers UMP et socialiste n’étaient séparés que de 163 voix, au soir du premier tour. Avec 4 446 suffrages exprimés pour le premier contre 4 445 pour la seconde, la victoire mantevilloise de Nicolas Sarkozy s’est jouée dans un mouchoir de poche.
Quatre des douze bureaux de vote restent dans le giron socialiste, essentiellement dans les quartiers populaires de la commune. Et encore…
Au bureau 5 (Léo-Lagrange), où le candidat UMP rafle la mise, le manque de voix à gauche peut s’expliquer par le départ des locataires des tours des Brouets, démolies. La tendance sera-t-elle renversée après la construction des logements neufs ?
« Je ne m’incline pas »
La participation de ce deuxième tour est en légère baisse et représente près de 200 électeurs de moins aux urnes. Les électeurs du Front national - ils avaient donné 1 115 voix à leur leader il y a deux semaines - sont revenus remplir leur devoir, de même que ceux du candidat UDF qui avait réussi à capter 1 593 voix au premier tour. Nicolas Sarkozy a clairement réussi à en réunir une bonne partie autour de son nom.
Pour le reste, les chiffres sont là. Et le symbole, si léger soit-il, d’une défaite socialiste dans une ville historiquement à gauche en étonne plus d’un. Plusieurs élus de la majorité, le maire en tête, relativisent. « À une voix près, je ne m’incline pas », dit Annette Peulvast (PS). D’autres marquent des signes d’inquiétude. Dans la perspective des élections municipales, l’adjointe aux affaires sociales, Collette Lavancier, estime que « la ville est à gauche, mais ce n’est pas gagné. Il y a du boulot. »
Dans les rangs de l’opposition municipale, Dominique Pinoli (UPMV) qui soutient la majorité gouvernementale, est « ravie » : « C’était déjà le cas au premier tour puisque Le Pen a perdu des positions. Nicolas Sarkozy a dit les choses clairement pendant la campagne. La ville et les mentalités changent… »
À Buchelay, où le sénateur maire UMP, Dominique Braye, a apporté son soutien au nouveau président de la République depuis longtemps, ce dernier arrive en tête avec 55 % des suffrages, tout comme à Rosny où il obtient son meilleur score du canton avec 56,2 %, contre 52,2 % à Magnanville (52,2 %).
« Détonnant »
« Il est évident que cette élection va laisser des traces, a estimé Annette Peulvast, proche de Dominique Strauss-Kahn, peu après la proclamation des résultats. Le paysage politique français va être modifié, face à l’émergence du parti de François Bayrou et la chute du FN et du PC. Rendez-vous aux législatives. »
C’est à l’espace Corot, à Rosny, que le coup d’envoi socialiste du prochain scrutin a justement été donné dans la soirée. Là, une cinquantaine de responsables et militants ont partagé un verre de cidre dans une fête au goût amer.
La candidate Françoise Descamps Crosnier affiche son « optimisme et détermination », satisfaite du score « détonnant » de Ségolène Royal à Mantes-la-Jolie et de « l’ouverture du chantier de la rénovation de la gauche » pendant sa campagne. « Les résultats de ce soir ne sont pas annonciateurs d’une défaite pour la suite, veut croire la candidate de la 8e circonscription. La cohabitation, ce n’est pas ce qu’on aime, mais à défaut, il faut créer un équilibre avec la victoire de Sarkozy. Rendez-vous pour la deuxième mi-temps. »




