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Lutte. France cadets et juniors. La Lutte à la reconquête des territoires perdus
Quatre cents jeunes lutteurs ont disputé les 4 et 5 mai aux Mureaux les championnats de France cadets et juniors de lutte libre et de lutte féminine. L’événement était porté par le tout jeune club local, qui n’a pas un an d’existence.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  09 mai 2007
Page 41 

Confier un championnat de France à un club naissant, cela n’allait sans doute pas de soi pour la Fédération française de lutte. Mais le risque était mesuré. Parce que le président de l’association Vexin Seine Lutte des Mureaux Rodrigo Acosta-Garcia et le cadre technique Ergin Memisoglu ne sont pas exactement des néophytes en matière de lutte : ils sont aussi les dirigeants des clubs de Meulan et d’Hardricourt. Professeur d’EPS au collège Mercier-Saint-Paul de Meulan, Ergin Memisoglu a relancé la lutte dans les Yvelines. À sa création en 2000, Meulan était le seul club du département.

La fédération, explique Rodrigo Acosta-Garcia, « est dans une logique de reconquête des territoires abandonnés » par la lutte, et laissés à d’autres sports. Évoquant un « âge d’or » de cet art martial, le président se réfère aux « années trente à 50 », mais aussi aux années soixante-dix, quand localement l’ASCA Peugeot-Poissy faisait un malheur chez les “corpos”. « Il est temps que la lutte soit à nouveau présente dans les Yvelines », s’enflamme Rodrigo Acosta-Garcia.

Présente, elle l’a été en tout cas ces deux jours, et massivement. Le Cosec Pablo-Neruda, aux tribunes pleines et ferventes, a connu l’ambiance des grands championnats.

Deux élèves d’Ergin Memisoglu sont montés sur la deuxième marche du podium. La cadette muriautine Mégane Brunet-Masson (- 43 kg) a raté le titre de peu. « En finale, alors qu’elle dominait depuis le début son adversaire (la Picarde Kaoutar Bekkarach), elle a porté une action à dix secondes de la fin et s’est retrouvée sur le dos. Elle a voulu faire le spectacle chez elle », regrette Ergin Memisoglu.

Kevin Kunter (- 76 kg), du club d’Hardricourt, dans l’une des catégories les plus relevées chez les cadets, a fait la preuve d’un « mental exemplaire ». « Il n’a eu aucun match facile, raconte l’entraîneur. Il a remporté les deux premiers en deux périodes, et les trois suivants en trois périodes, en allant au bout de lui-même ». Echouant en finale contre l’Alsacien Stéphane Marczinski. « Je crois que Kevin a franchi un cap au cours de ce championnat, un déclic s’est produit chez lui », estime Rodrigo Acosta-Garcia. Habitué des stages nationaux, le cadet pourrait s’inviter aux championnats d’Europe.

La lutte yvelinoise entame donc sa reconquête.


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