Depuis le 24 avril 21 heures plus un camion ne sort du centre logistique de Cauval sur la zone industrielle de Limay. Rachetés en début d’année par ce groupement d’actionnaires, leader dans le domaine de la literie, les ex-Dunlopillo sont en grève et bloquent la sortie des poids lourds.
Le mouvement a été déclenché sans préavis alors que les négociations salariales étaient au point mort après huit réunions avec la direction. Pour l’heure limité au site de Limay, le conflit pourrait s’étendre à l’usine de Mantes-la-Jolie depuis que circulent des menaces de fermeture.
Travailler plus pour gagner moins
Soutenus par la CGT majoritaire et par leurs collègues de l’usine de Mantes-la-Jolie, ils sont 25 salariés sur les 27 magasiniers à avoir cessé le travail. En temps normal, cette base logistique prépare les commandes pour les livraisons en région parisienne et vers plusieurs points de vente en France.
« Le smic à 8,27 euros de l’heure après dix ou quinze ans dans l’entreprise : voilà où l’on en est. De nos acquis, il ne nous reste pas grand-chose. Le peu qu’on a, on tient à le conserver », témoigne Éric, délégué CGT.
Les revendications sont claires : 5 % d’augmentation des salaires, une prime de 200 euros pour compenser les pertes de salaires de 2006 et l’embauche de quatre manutentionnaires : « Des recrutements promis par la direction », souligne l’autre délégué CGT, Mohammed El Rhazi.
« En plus de Dunlopillo, nous avons Treca et Simmons. Notre charge de travail a augmenté. Nous avons fourni plus d'efforts et nous avons été moins payés sans motif. Ici, c’est : je travaille plus pour gagner moins », ironise l’un des magasiniers.
Non à la modulation
Depuis le rachat, il semble que le climat social se soit dégradé : « Cauval a un passé qui ne plaide pas en sa faveur. À Luxeuil-les-Bains dans l’est de France, ils viennent de fermer un site. Ils ont mis 152 salariés sur le carreau », poursuit Mohammed El Rhazi.
Autre point d’achoppement : la mise en place de la modulation du temps de travail. « On n’est pas dupes : partout en France, les entreprises qui ont mis en place la modulation ont fermé. La modulation, c’est la première étape avant la fermeture », lancent les grévistes bien décidés à poursuivre leur occupation et à aller jusqu’au bout de leur mouvement.
La direction, que nous avons tenté de joindre au téléphone, a fait savoir que, pour l’heure, elle n’avait rien à dire. Cependant, de source syndicale, un CE extraordinaire a été convoqué pour mercredi à 9 h 30. La direction aurait mis à l’ordre du jour le « lock-out » de l’usine de Mantes-la-Jolie. « C’est une menace de fermeture pour nous intimider et pour tenter de diviser les salariés. Mais nous ne lâcherons pas », affirme la CGT. Si cette information était confirmée, le risque d’extension et de durcissement du conflit à l’usine de Mantes serait réel.




