Métaux ferreux. Une méga « casse » sur le port autonome
S’il obtient le feu vert, le groupe GDE implantera un gros centre de recyclage des métaux ferreux, carcasses de véhicules et d’électroménager, chutes métalliques de l’industrie : l’usine qui serait installée en bord de Seine sur le port autonome emploierait 70 personnes. Une gigantesque casse version moderne.
Francine Carrière
Le Courrier de Mantes
Publié le: 02 mai 2007
Page 21
Dominique Bourdon, chargé du développement de GDE (Guy Dauphin Environnement, groupe Ecore) et Alban Grosvallet, responsable environnement et sécurité, sont venus jeudi soir au conseil municipal de Limay défendre le dossier d’implantation d’un vaste site de recyclage des métaux ferreux sur le port autonome. Une usine de revalorisation qui permettrait de créer soixante-dix emplois nouveaux directs (une centaine en comptant les activités de transports et de maintenance).
Il s’agissait avant tout de tenter de lever les inquiétudes que peut générer le projet en matière de transports et de sécurité. Des réticences relayées surtout par les élus de l’opposition qui craignent une augmentation du trafic des camions et qui s’inquiètent des risques d’incendie.
Par la Seine
Rappelons qu’au mois de juillet dernier, l’ancienne casse Sobefer, reprise par GDE, avait brûlé. « Depuis cet incendie, nous avons renforcé les mesures de prévention sur le site en réduisant les stocks et en les réorganisant en petits îlots. Nous effectuons des arrosages préventifs », a expliqué Alban Grosvallet.
Côté transports, il faudra compter avec une flotte de 120 camions par jour pour alimenter l’usine.
« Mais nous réduirons au maximum le transport routier au profit du train et surtout, ici, de la voie navigable. Nous souhaitons nous installer sur le port justement pour bénéficier du transport fluvial. Plus notre tonnage transporté sur la Seine sera important, moins nos coûts seront élevés. C’est donc dans notre intérêt de préférer le fleuve à la route », a souligné Dominique Bourdon, sans toutefois convaincre totalement le groupe des élus UMP.
Sur le premier site (ex-Sobefer) avenue du Val, GDE traite 15 000 tonnes de déchets par mois, il ne s’agit pas moins que de tripler les capacités sur le second site, dont les capacités seront de 46 750 tonnes par mois.
On est loin des célèbres compressions de César : si le projet se réalise, Limay accueillera l’un des broyeurs les plus puissants d’Europe, comme GDE en exploite déjà un dans la région lyonnaise.
Carcasses de véhicules et d’électroménager, chutes métalliques des presses industrielles : rien ne résiste aux opérations de cisaillage et de broyage mises en œuvre.
L’activité est consacrée à 80 % au recyclage des métaux ferreux qui retournent ainsi à l’industrie comme “matière première secondaire”. Mais GDE traite également les batteries, le papier et le carton. « Le recyclage des métaux ferreux sera centralisé sur le nouveau centre. Le tonnage du premier site va baisser. Nous prévoyons de diversifier nos activités par la collecte du papier et du carton », a expliqué Alban Grosvallet.
À l’issue de l’exposé, la majorité a voté pour l’implantation du centre de recyclage tandis que l’UMP a voté contre.
Pour l’heure l’enquête publique vient de s’achever. Tous les services concernés devront ensuite se prononcer. Si tout va bien, GDE pourrait obtenir le feu vert des pouvoirs publics à la rentrée. Après huit mois de travaux (3,75 millions d’euros d’investissement), l’usine de recyclage pourrait être opérationnelle à la fin du premier semestre 2008.
Le ticket environnemental
Sur le plan environnemental, GDE promet de faire de gros efforts : isolation acoustique grâce au carénage du broyeur mais aussi par le biais d’un talus paysager, installation de l’usine sur une dalle de béton pour limiter les infiltrations, système d’épuration des eaux usées. Pour l’implantation de Limay, GDE vise la certification ISO 14 001 déjà obtenue sur trois de ses cinq plus gros centres.
« Bien que la loi ne l’exige pas pour ce type d’installation, nous avons demandé la création d’un CLIS comité local d’information et de suivi », a précisé le maire, Jacques Saint-Amaux.
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