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1000 postes supprimés chez Renault-Flins
La fin annoncée de Twingo, les ventes qui se tassent pour Clio 3 : obligée de réduire la voilure pour traverser une période perturbée, l’usine de Flins s’apprête à arrêter l’équipe de nuit. Une grosse partie des contrats des intérimaires ne sera pas renouvelée, mais il n’y aura aucun licenciement.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  25 avril 2007
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« Il ne faut pas nous enterrer sur la base de fausses informations. Nous montrons que nous continuons à fabriquer des Clio 3. On ne peut pas prévoir l’avenir à 10 ou 15 ans. Mais il y a des choses que l’on sait. La commercialisation de CLIO 3 a débuté fin 2005. Un modèle a en moyenne 6 à 7 ans de vie avec un “restyling” en milieu de parcours. Il y aura ensuite une Clio 4 ». Olivier Rémoleux, le patron de Renault-Flins entend bien ainsi couper court aux rumeurs de fermeture de l’usine qui reviennent régulièrement.

Des rumeurs alimentées aujourd’hui par l’annonce de la suppression de l’équipe de nuit de Clio et l’arrêt définitif de la chaîne de fabrication de Twingo. Ce qui représente une réduction de 1 000 postes de travail.

Ces deux mesures sont concomitantes, mais n’ont pas de liens entre elles. En effet, la fin de Twingo était prévue de longue date. Le modèle sorti en 1992 a même joué les prolongations pendant un an, Carlos Ghosn n’étant pas satisfait de sa remplaçante.

L’arrêt de l’équipe de nuit sur Clio 3 est lui, directement lié aux résultats commerciaux.

Marché morose

Après un excellent démarrage — 336 642 exemplaires fabriqués à Flins en 2006 — Clio 3 n’échappe pas à un marché morose de l’automobile en Europe en général, et en France en particulier. Bref, la petite dernière, qui est encore la deuxième voiture la plus vendue sur le marché hexagonal connaît un réel tassement de ses ventes. « Lorsqu’elle est sortie, elle était seule dans sa catégorie. Depuis les nouveaux modèles du segment sont apparus sur le marché. Elle est maintenant dans la bagarre avec beaucoup de concurrence, la Peugeot 207, la nouvelle Corsa, la Fiat Punto Grande. D’autre part la commercialisation du modèle précédent Clio 2 est restée très élevée, à un niveau qui nous a surpris. Tous ces paramètres nous ont permis de comprendre rapidement qu’il nous faudrait ajuster les effectifs », analyse Olivier Rémoleux.

L’équipe qui travaille sur Twingo vissera les derniers boulons le 28 juin. Le 20 juillet, l’usine se mettra au vert pour quatre semaines de congés d’été et l’équipe de nuit qui compte 750 salariés s’arrêtera avec elle. Le 20 août, Flins reprendra son activité avec 1 000 postes en moins.

Anticipation

En d’autres temps, une telle annonce aurait pu susciter une levée de bouclier, une forte mobilisation syndicale et faire beaucoup de bruit. Elle est quasiment passée comme une lettre à la poste. Explications sur ce calme social.

« Comme nous avions vu venir la baisse de commande à l’avance nous avons pu anticiper. La fin de l’équipe de nuit a été annoncée mercredi. C’est-à-dire quatre mois avant le retour des vacances et la nouvelle organisation qui revient aux deux huit. À Flins, nous avons 1 200 intérimaires en comptant le secteur des pièces de recharge. Le fait que nous ayons beaucoup de travailleurs précaires permet de nous adapter. Il n’y aura aucun licenciement. Une majorité des contrats des intérimaires qui travaillaient soit sur Twingo soit sur Clio ne seront pas renouvelés. Mais aucun contrat ne sera cassé avant son échéance », explique Olivier Rémoleux.

Sur la ligne de fabrication de Clio 3 l’équipe de nuit est composée de 500 salariés Renault et 250 intérimaires. « Tous seront reclassés. Je me suis engagé à ce qu’avant de partir en vacances chacun sache à quel poste il travaillera à la rentrée », affirme-t-il.

Une majorité retrouvera un poste dans l’une des équipes des deux huit pour faire face à une montée en cadence de 60 véhicules/heure au lieu de 52 actuellement. Car il faudra tout de même compenser une partie de la production réalisée auparavant par l’équipe de nuit.

« Nous avons également une activité de pièces fabriquées à Flins pour d’autres usines du groupe qui pourrait monter en puissance. Enfin à proximité six ou sept sites, notamment en Normandie, peuvent intéresser des salariés déjà domiciliés dans cette région. Déjà une cinquantaine ont choisi de partir à Cléon ».

Reste à régler le programme des avantages salariaux dont bénéficiaient les travailleurs de nuit : plus 20 % sur la feuille de paye. « Nous allons trouver des solutions pour amortir cette situation. Cela va faire l’objet des prochaines négociations avec les partenaires sociaux », promet le directeur de Flins.

Bref pour traverser un passage houleux sur le marché de l’automobile, Flins réduit la voilure mais maintient le cap. « L’avenir de Flins, mais aussi de toutes les usines d’Europe de l‘ouest, c’est notre capacité à évoluer vers plus de qualité, plus de performance industrielle », affirme plutôt confiant Olivier Rémoleux.

Pas de départs en préretraite

Pour faire face à la baisse de fabrication de CLIO 3, la direction de l’usine de Flins a donc choisi de ne pas renouveler les contrats des intérimaires et d’étudier toutes les possibilités de reclassement des salariés Renault au sein de l’établissement ainsi que dans toutes les sites du groupe implantées dans l’ouest parisien et en Normandie (Guyancourt, Aubevoye, Cléon, etc.).

Il y a quelques semaines, une délégation réunissant les cinq syndicats représentés à Flins, FO, CGT, CFDT, CFE-CGC et CFTC avait déposé à la sous-préfecture de Mantes-la-Jolie une pétition à l’adresse du gouvernement. Une pétition de plus 2 500 signatures demandant la mise en place d’un dispositif spécial de départ en retraite anticipée. « Renault a mis la main à la poche pour financer un plan de ce type à l’usine de Valladolid. Ce qui a été fait en Espagne pourrait très bien être réalisé chez nous », résumait le représentant de FO.

« Non, répond Olivier Rémoleux. Valladolid est dans une situation bien plus grave et contraignante que Flins. Elle n’a plus assez d’activité. S’il n’y avait pas ce plan, ce serait des licenciements secs ».

« D’autre part, en ce qui concerne les préretraites Renault n’a pas le pouvoir de changer les choses. Ces décisions sont du ressort des pouvoirs publics. Tout le monde peut constater que les départs anticipés ne sont pas dans l’air du temps. En revanche, un sujet mérite d’être discuté avec beaucoup de soin : ce sont les travaux pénibles Nous sommes en train d’étudier des solutions pour permettre aux personnels concernés de rester dans l’entreprise dans de bonnes conditions », conclut-il.


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