Courrier de Mantes
La Une du Courrier par e-mail
RSS
Huit bus du réseau TAM incendiés
Huit bus articulés ont brûlé dans la nuit de mardi à mercredi 18 avril au dépôt du réseau TAM, dans la zone des Closeaux, à Buchelay. Cet événement intervient alors que les tensions sont fortes au sein de la société, récemment rachetée par la RATP.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  25 avril 2007
Page 3 

Les traces d’essence ne laissent aucun doute. L’incendie est criminel. Les bus ont été aspergés d’un liquide inflammable avant qu’un ou plusieurs individus n’y mettent le feu dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 avril. « Il y avait le 790, c’était mon préféré », se désole un chauffeur devant le spectacle des huit carcasses calcinées. Tous stationnés les uns à côté des autres, les bus articulés sont totalement détruits. L’intervention des pompiers a permis de préserver les autres. Au dépôt du réseau TAM (Mantes-en-Yvelines), dans la zone des Closeaux à Buchelay, les policiers ont succédé aux pompiers. Une enquête a été confiée à la sûreté départementale. Le président de la Camy (Communauté d’agglomération de Mantes-en-Yvelines) et maire de Buchelay Dominique Braye s’est également rendu sur les lieux.

Mercredi après-midi, les chauffeurs de la société TVM (ex-cars Giraud), récemment rachetée par la RATP, et leurs représentants syndicaux disaient avoir peu goûté la visite du président de la communauté cliente de l’entreprise (17 lignes et 20 000 voyageurs par jour). Le regard de Dominique Braye sur la société est sévère et il l’a fait savoir. « Il nous a dit que, s’il fallait, il remplacerait tout le monde », confie un délégué syndical FNCR. Dominique Braye dément et explique : « C’était une entreprise familiale, en autogestion depuis un moment, qu’un directeur reprend en main. Je ne veux pas me mêler de leur management mais, en tant que client, la Camy est en droit d’exiger une qualité de service qu’elle n’a pas depuis très longtemps. On reçoit les plaintes des voyageurs ! Cet acte est criminel, on le sait. Il n’a rien à voir avec des violences urbaines. Il faut que la police scientifique trouve les auteurs sans négliger aucune piste. Mais, au-delà de l’incendie, il y a un vrai problème de service public avec cette entreprise. Nous sommes pourtant la seule collectivité en Ile-de-France à avoir construit un dépôt de bus. »

Préavis de grève suspendu

Côté syndical, Mohamed Abarhouch (FO) explique : « Nous avions déposé un préavis de grève pour lundi. Nous l’avons suspendu parce que nous ne voulons pas pénaliser la société dans ces circonstances. Nous protestons contre le licenciement d’un salarié, que nous jugeons abusif, contre l’échec des négociations salariales et pour une amélioration des conditions de travail. »

Jean-Louis Degisors (FNCR) reprend : « C’est un désastre de voir son outil de travail cassé. Les délégués du personnel et les délégués syndicaux ne sont pas là pour pénaliser la société et les clients mais pour s’assurer que le droit du travail est respecté. Nous réclamons un dialogue avec la direction depuis longtemps. Le CHSCT l’avait déjà alertée sur l’absence de sécurité du dépôt. Les portes restent toujours ouvertes, la vidéosurveillance ne marche pas. Il y a quatre-vingts chauffeurs ici qui donnent beaucoup. En trente ans de carrière, je n’en ai pas vu beaucoup partir à la retraite sans invalidité. C’est un métier difficile. Nous invitons les élus de la Camy à se mettre autour d’une table pour trouver des solutions. »

Les délégués syndicaux décrivent des relations très tendues avec leur directeur, qui n’a pas répondu à notre appel. Le nouveau propriétaire, RATP développement, a livré des véhicules pour assurer un service normal lundi, jour de la rentrée scolaire. Et l’enquête de la police se poursuit.


Juin 2008 Juillet 2008 Août 2008
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16