L’effet kärcher aurait-il laissé des traces dans les cités ? Cela ne fait guère de doute à la lecture des résultats médiocres voire catastrophiques que Nicolas Sarkory enregistre dans les quartiers populaires des deux villes centres de la circonscription, au Val-Fourré où il descend à 11 % et dans une moindre mesure aux Merisiers à Mantes-la-Ville où il atteint tout juste les 25 % alors que sa rivale caracole en tête dans les cités : 59,7 % pour la candidate socialiste au Val-Fourré. Du jamais vu !
Le choc du 21 avril est resté dans les mémoires : il explique en partie les inscriptions massives sur les listes électorales et le taux de participation exceptionnel.
Globalement sur l’ensemble de la circonscription les résultats de dimanche soir sont bien différents de ceux de 2002. La forte mobilisation partout, avec 85,7 % de votants contre 70 % en 2002, et les milliers de nouveaux électeurs ont changé la donne.
Il y a cinq ans, Jean-Marie Le Pen arrivait en tête sur les cantons de Mantes-la-Ville et de Limay avec 22,5 % des suffrages, en seconde position à Mantes-la-Jolie (18,2 %). Cette fois, le FN est totalement laminé. Sur la circonscription, il est en quatrième position avec 10,93 %. C’est même à Mantes-la-Jolie, qu’il fait son plus mauvais score en descendant nettement en dessous de la barre des 10 %, à 7,8 % exactement. Dans un communiqué, le député sortant UMP Pierre Bédier se réjouit « de voir le Front national remisé au rang des souvenirs ». Mais sa satisfaction pourrait bien n’être que de courte durée car disons le franchement, même si Nicolas Sarkorzy est presque au niveau de son score national avec 30,15 %, ce résultat n’est pas très bon. Il est surtout amoindri par la performance de Ségolène Royal qui le talonne de très près à 28,82 %. Seulement 163 voix sur 53 027 exprimées séparent les deux qualifiés du second tour. Mais surtout Ségolène Royal est largement en tête à Mantes-la-Jolie dans le fief de Pierre Bédier.
C’est sur la rive droite, dans les communes rurales, que Nicolas Sarkozy refait vraiment son handicap.
En tout cas, les résultats de dimanche confirment ce que le PS dit depuis plusieurs mois : cette circonscription est gagnable par la gauche.
À la faveur d’une partielle en 2004, Pierre Bédier avait retrouvé son siège contre la socialiste Françoise Descamps Crosnier, mais avec une courte victoire (51,73 %). Autant dire qu’entre eux deux la lutte sera encore au coude à coude.






