Rencontre avec un luthier
Depuis deux ans, Frédéric Lassuce, enfant de la région et luthier de profession, est installé à Mantes. Il nous raconte son parcours.
Le Courrier de Mantes
Publié le: 25 avril 2007
Page 22
Né à Freneuse en 1965, Frédéric Lassuce a fait sa scolarité dans le Mantois jusqu’au baccalauréat au lycée Saint Exupéry en 1984. Mais celui qui est aujourd’hui le luthier quasiment attitré de plusieurs écoles de musique de la région, qui exporte dans le monde entier des archets baroques, qui sait aussi bien réaliser une viole de gambe que régler la hauteur des cordes d’un violoniste débutant, n’a pas commencé sa carrière sitôt quittée les bancs du lycée mantais.
Titulaire d’un bac G2, aujourd’hui STG (comptabilité), il entame des études de lettres, à Paris, mais finit par abandonner pour se lancer dans une aventure théâtrale. « J’ai fait cela durant dix ans, à montrer des spectacles, à les tourner d’un bout à l’autre du département de la Haute Loire », se rappelait-il, l’autre lundi, devant un café pris dans son atelier. « Mais je ne me voyais pas faire cela toute ma vie ». Pratiquant la musique en amateur, il lui arrive de fréquenter les ateliers de lutherie. « J’aimais cette ambiance, l’odeur, le travail qu’on y faisait ».
C’est alors que tout se met en place. « Ça a été comme un puzzle. La lutherie réunissait les différents éléments de ma vie, goût du travail manuel, curiosité, création, ouverture sur les autres ». Mais la reconversion n’est pas simple. « La seule école en France formant des luthiers, à Mirecourt, dans les Vosges, ne prenait que des jeunes, et j’ai dû aller me former en Angleterre, dans une école internationale de lutherie du “quatuor”, c’est-à-dire violon, violoncelle, Au préalable, j’ai fait un CAP de menuisier, une formation indispensable pour connaître le bois ».
Diplôme en poche, il commence dans un atelier parisien, avant de travailler comme sous-traitant pour des boutiques de la capitale. Il choisit ensuite de se mettre à son compte à Mantes, intégrant ainsi le corps de ses 300 collègues français. Si sa formation de luthier peut l’amener à fabriquer des instruments, c’est une part très marginale de son activité. « Actuellement seule une dizaine des trois cents ateliers de lutherie français fabrique, car certains pays, en premier lieu la Chine, exportent des instruments de très bonne qualité à des prix qu’on ne peut pas concurrencer ».
Dans son atelier, installé dans son appartement, au cœur d’une résidence aménagée dans un ancien couvent, il vend, répare et entretient violons, altos, violoncelles. Dans son atelier de Freneuse, il termine actuellement une viole de gambe. L‘ancien élève en comptabilité a trouvé sa voie, est devenu un professionnel reconnu et apprécié.
Thierry Andro
Infos et contact : lutheriesurseine@hotmail.fr ou au 06 61 89 65 95.
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