« Nous avons accepté la proposition de la direction départementale des postes du Val d’Oise de transformer le bureau de poste en agence postale communale, la mort dans l’âme, soupire Alain Quenneville, maire de la Roche-Guyon. Nous le faisons uniquement pour éviter la fermeture définitive », ajoute-t-il. Le bureau de poste de la commune va donc être transformé en agence gérée par la commune et non par la Poste. En effet, selon la direction départementale, l’agence ne serait plus assez rentable. « Je pense que la Poste réduit les horaires d’abord pour provoquer cette baisse de fréquentation. Forcément si elle est ouverte moins souvent, la rentabilité baisse », selon le maire.
La direction départementale des postes avait déjà sommé le conseil municipal de trouver une solution il y a deux ans. À l’époque, celui-ci avait voté à l’unanimité contre la réduction d’horaires. Et puis il y a quelques mois, la direction du Val d’Oise est revenue à la charge en demandant à la mairie de trouver une solution avant le 31 mars.
Indemnités pour la mairie
En fait de solution, il s’agit de trois propositions : créer une agence postale communale à la mairie, un point de vente dans un commerce ou bien une agence postale dans les locaux actuels mais géré par la commune. C’est cette dernière solution qu’Alain Quenneville et son conseil ont acceptée : le bureau de poste ne ferme pas mais le personnel est maintenant payé par la mairie, contre une indemnité de la Poste qui recouvre presque l’intégralité d’un salaire, mais il y a « le chauffage et la ligne de téléphone qui reste à notre charge, et ça, ce n’est pas normal », fustige le maire. Lui voulait « maintenir le bureau de poste, parce que c’est le rôle d’un service public d’être là où on en a besoin ».
Fermée un samedi sur deux
À Brueil-en-Vexin, la mairie avait proposé de prendre en charge quelques heures d’ouverture. Mais la direction départementale des Yvelines l’a refusé. Denis Faist, directeur de la communication explique que cette solution n’était pas envisagée par le partenariat entre la Poste et l’Union nationale des maires. « Bruno Caffin souhaitait prendre quelques heures à la charge de la mairie sous couvert que l’agence reste gérée par la Poste. Or ça n’est pas possible. Il faudrait qu’elle soit gérée par la mairie pour qu’on accepte cette solution. Nous en avons proposé deux : créer un point poste à la mairie ou dans un commerce », détaille-t-il. Problème : le bâtiment de la mairie n’est pas adapté et il n’y a plus de commerce dans le village depuis longtemps.
Le maire de La Roche-Guyon estime qu’il n’a pas à assumer cette charge : « Ils vont faire des bénéfices, en profiter et nous, on paie le reste ! ». À Brueil-en-Vexin, depuis le 1er avril la poste est fermée le matin et un samedi sur deux. « Ça ne correspond plus à rien », fustige, Bruno Caffin, le maire.
Entreprise de service public
À Fontenay-Saint-Père, la situation est encore en suspens. Même si « les horaires ont quand même déjà diminué depuis début avril », selon Jean-Daniel Béguin, le maire. Elle est fermée un samedi sur deux. « On attend encore. On verra le moment venu mais on n’est pas optimiste. Il vont finir par fermer le bureau, c’est sûr », soupire-t-il.
Denis Faist justifie ces réductions d’horaires par le fait que « la Poste change et évolue. On change notre façon de travailler pour être plus efficace. Nous sommes une entreprise qui a une mission de service public certes, mais qui reste une entreprise », assène-t-il.
Le problème est bien là. La Poste aujourd’hui, c’est quoi ? Une entreprise ? Un service public ? Alain Quenneville regrette : « Aujourd’hui, nous ne savons pas si nous sommes des usagers ou des clients ». La question est posée à Denis Faist. Il répond sans hésiter : « Des clients ». Tout est dit.




