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Le Family Village inquiète certains commerçants du bourg
Au cœur du bourg d’Aubergenville, les rumeurs vont bon train sur les fermetures de boutiques liées à l’ouverture prochaine du Family Village (prévue entre octobre et décembre). Difficile de savoir en revanche ce que les commerçants ont sur le cœur.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  25 avril 2007
Page 41 

Les commerçants de Maule s’étaient mobilisés il y a deux ans contre le projet de centre commercial pharaonique construit en bordure d’autoroute A 13. Le mouvement des anti-Family village avait même couru jusqu’aux Mureaux et à Meulan, deux villes qui avaient fait voter des motions d’opposition. On pouvait croire finalement que le projet était bien accepté aujourd’hui. Mais dans le silence, quelques commerçants se font à l’idée qu’ils devront partir un jour ou l’autre même s’ils ne le déclarent pas tous franchement. Ceux-là se sentent « poussés vers la sortie ».

Ils sont peu nombreux à dire franchement et à voix haute ce qu’ils pensent de l’ouverture de ce temple de la consommation de plus 120 000 mètres carrés planté sur d’anciennes terres maraîchères. Mais à quelques centaines de mètres du centre-ville, la plupart pensent qu’il aura un impact certain sur leur activité.

D’ailleurs, il n’aura pas fallu attendre l’arrivée du Family Village pour voir le commerce local péricliter. À Elisabethville, la rue du commerce autrefois bien nommée n’a plus rien de très commerçant ! Un bar-tabac, une épicerie, un coiffeur y subsistent. Dans le bourg, nous avons rencontré deux commerçants qui déclarent être sur le point de vendre ou qui envisagent de le faire : le libraire et l’opticien.

« Le bourg va se désertifier »

Déjà l’agence de la BNP est partie il y a six mois. Certains commerçants craignent un « effet en chaîne » après l’ouverture de l’hyper surface. Au centre d’Accosta les échos sont un peu similaires : « je sais qu’on va perdre de la clientèle. C’est un sale coup pour le commerce local », confie un commerçant qui préfère rester anonyme.

« Le bourg va se désertifier », se désole Patrick, libraire propriétaire du Flâneur depuis treize ans. « C’est sûr, je serai parti avant la fin de l’année. » Lui, n’hésite pas à viser clairement la municipalité et reproche le décalage entre les discours sur le « dynamisme » du petit commerce, « les promesses » de maintien d’un centre-ville digne de ce nom, et les réalités qui risquent d’emporter les derniers « résistants ». D’autant que contrairement à la communication de Family Village, des petits enseignes côtoieront les grandes, le libraire a découvert ainsi qu’il aurait un concurrent. L’opticien du bourg est dans le même cas.

« Le commerce de proximité vit tranquillement, pas du tout richement mais rend un service aux personnes âgées, aux gens qui ne veulent pas prendre leur voiture pour faire leurs courses », poursuit le libraire. « Tout à coup, nous allons nous retrouver avec un concurrent énorme doté d’un parking de 15 000 places… » « Le plus grave est que l’on ne veuille pas privilégier ou protéger le service à la population. La Poste est encore là mais pour combien de temps ? », s’interroge-t-il.

« Plus que des grandes surfaces ! »

L’opticien du bourg regrette l’arrivée du Family Village qui comptera effectivement un opticien : « un jour, il n’y aura plus que des grandes surfaces ! », peste-t-il. On comprend son embarras devant cette nouvelle concurrence, d’autant que plusieurs opticiens sont déjà installés dans la galerie marchande de Carrefour. La pharmacienne, elle, se demande si c’était « vraiment bien » de « faire ce centre commercial » Mais on ne connaîtra pas le fond de sa pensée.

Le gérant du tabac du centre-ville quant à lui ne semble pas être très inquiet : « Ce sera de l’autre côté. Et aucun tabac n’est prévu là-bas », dit-il. Kelly Lemoine, la gérante de Studio 78, « attend de voir », mais veut croire que sa « clientèle de proximité » lui restera fidèle. Serge Lobbrecht, le gérant du vidéo-club semble moins optimiste, même s’il n’oublie pas que le Family Village se positionne sur un autre créneau commercial que le centre-ville commerçant tourné vers les « produits de première nécessité ».

Le Casino enfin ne devrait pas trop pâtir de ce changement, si l’on en croit Olivier Boursier le gérant de la supérette : « Family Village ne m’enlèvera pas de clientèle, mais ne m’en apportera pas plus… » Le pressing a été mis en vente, pour des raisons indépendantes de l’arrivée du Family Village. Selon nos informations, plus de deux commerces du bourg pourraient partir avant la fin de l’année.

François Bony le maire d’Aubergenville assure qu’il tient à conserver le petit commerce intact. « Je bataille déjà pour que le centre d’Accosta reste ouvert », nous confie-t-il. Lui veut croire que les deux modèles commerciaux sont compatibles.


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