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Déplacement du péage de Bonnières : « Un tarif spécial n'est pas satisfaisant »
Habitants, chefs d’entreprises et élus voient plutôt d’un mauvais œil l’éventualité d’une halte à tarif réduit à la sortie du chef-lieu de canton, comme suggérée par une étude sur le déplacement du péage de Buchelay.


Frédéric Le Bozec

Le Courrier de Mantes
Publié le:  18 avril 2007
Page 22 

La halte éloignée de Buchelay, « oui » ; une nouvelle barrière payante en sortie de Bonnières « non ».

L’hypothèse d’un éloignement du péage au-delà du chef-lieu de canton et la création simultanée d’une halte “avec maintien d’un tarif payant à Bonnières au tarif kilométrique” pour compenser une perte du chiffre d’affaires de la société SAPN (Le Courrier 11 avril), suscite des réactions dans la région.

Les élus de Bennecourt ont ouvert le bal au conseil municipal. Ils réclament la gratuité complète de l’accès au secteur comme « solution d’avenir ». Une barrière payante signifierait « que le développement économique du Bonnièrois (serait) sacrifié ».

Du côté des habitants, si on se réjouit de l’avancée du dossier, certains émettent des réserves sur la mise en œuvre d’un tarif réduit : « Pour aller à Mantes, aujourd’hui, je passe par Rolleboise et Rosny, témoigne un commerçant. Je ne prends le péage que lorsque je suis pressé. Même avec un prix spécial, je continuerai à passer par la départementale. » « Il ne faut pas se leurrer, ce tarif augmenterait d’années en année… », ajoute une Bonnièroise.

« Jouer collectif »

Du côté des patrons, l’avis est bien tranché : « Instaurer une notion de paiement, même de 10, 20 ou 50 centimes, c’est un frein psychologique pour les entreprises, estime Arsalan Poorhassan, propriétaire du Village d’entreprises. Ce serait d’ailleurs injuste pour simplement faire 4 ou 5 kilomètres. Aujourd’hui, c’est un blocage au développement du secteur, même si les chefs d’entreprises ne le disent pas officiellement. Rembourser les frais des employés représente une grosse somme en fin d’année. L’enjeu est majeur. Les élus du canton doivent jouer collectif sur ce dossier. »

Partisan de la gratuité à son tour, le président de la communauté de commune du plateau de Lommoye, Alain Pezzali, est sur la même ligne : « Un tarif adapté serait une amélioration, certes, mais ça serait une Ile-de-France à deux vitesses. Si on veut faire des zones où les gens doivent habiter et travailler, il faut favoriser tout cela. Dans le coin, les élus doivent être unanimes. »

Le maire de Bonnières, Jean-Marc Pommier est plutôt amer : « J’ai l’impression que les intérêts financiers de la SAPN priment sur l’intérêt des habitants. »

Mais, optimiste, il affirme : « Je pense que ces hypothèses vont être soumises à la discussion. Actuellement, elles peuvent peut-être répondre à une situation d’urgence du côté de la communauté d’agglomération de Mantes en terme de développement, mais pour le Bonnièrois, même si le péage était moins cher, la solution n’est pas satisfaisante. »

Le déplacement de la barrière vers l’Est, plus proche de Paris donc, demeure la solution, selon lui : « Il faut avoir le courage politique d’inciter les gens à réellement privilégier les transports en commun. C’est aussi une réponse sur les intérêts financiers de la SAPN. »

Cohérence

À Freneuse, le maire et conseiller général, Didier Jouy, penche également pour une solution gratuite : « Une barrière de péage reste une barrière. S’il doit y en avoir une à la sortie de Bonnières, nous n’aurons pas l’impression d’être dans les Yvelines ni dans l’opération d’intérêt national. Il est évident que si nous ne disposons pas d’un accès gratuit à l’autoroute, il sera difficile d’urbaniser des zones qui risquent ensuite de provoquer l’encombrement de la départementale 113 (ex-N13, NDLR), à Rolleboise mais surtout à Rosny. C’est une question de cohérence. »

Mais, avance Didier Jouy en préalable, un « consensus entre élus de la CAMY et du Bonnièrois est nécessaire ».

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5 juillet 2008
 

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