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Juliette Pirolli aime bien cacher son jeu. |
Artiste plasticienne, auteur de théâtre ou metteur en scène ? Juliette Pirolli est toujours « très embêtée » quand on lui pose cette question. « Je ne sais pas vraiment. Je suis d’abord peintre. Mais en même temps… »
Elle lève les yeux au ciel, hésite. Elle ne sait pas vraiment. Essayons de savoir…
Artiste multicasquette
Juliette Pirolli est peintre et professeur d’arts plastiques au centre culturel d’Epône. Mais il y a cinq ans, elle a écrit une pièce pour un groupe d’adolescents, « L’affaire Poliakoff », qui a été depuis éditée. Elle est donc aussi auteur de théâtre (quatre pièces en tout). Quand elle écrit une pièce, elle voit des images, elle visualise les choses, le décor, les costumes et les personnages, c’est donc tout naturellement qu’elle est devenue aussi metteur en scène, « un peu par hasard », affirme-t-elle.
Elle ne sait pas vraiment ce qu’elle est, mais une chose est sûre, elle a besoin de tout ça pour être bien. Elle travaille ses peintures seule, mais, en revanche, elle a besoin de son groupe de théâtre. Elle en parle tout le temps. De son équipe, « formidable et très motivée ».
La magie du théâtre
Il y a peu, elle a décidé de fonder une compagnie de théâtre amateur, Le Théâtre de ponctuation, et d’écrire une nouvelle pièce, « Derrière le rideau », dans laquelle elle explore la magie du théâtre et ce qui se passe derrière le rideau, en coulisses.
Pas de décor mais des rideaux rouges sont posés partout : deux comédiens entrent en scène, ils ne savent pas où ils sont. Ils rencontrent alors divers personnages plus ou moins sans identité mais aux multiples personnalités.
Tous ces moments rendent hommage au monde du spectacle et à sa magie : clowns, marionnettes, tambours… « beaucoup de visuels, une sorte de cinquième dimension », sourit-elle. On retrouve là son expérience de peintre. Artiste plasticienne aussi dans le souci du détail : « tout est calé à dix centimètres près », explique-t-elle. Bah oui. Forcément, son expérience de peintre influe sa mise en scène. On commence enfin à comprendre le pourquoi du comment-elle-en-est-arrivée-à-ça. Mais, à nouveau, elle brouille les pistes. « Non », ce n’est pas sa peinture qui lui « inspire » ses pièces. L’inverse non plus d’ailleurs. Mais tout comme sa peinture, son spectacle évolue. Il peut changer de couleurs, de genre à tout moment selon son « groupe », les « comédiens de la compagnie ».
Elle aime les voyages, les masques, Venise. On retrouve alors à nouveau un rapport entre sa peinture et ses pièces de théâtre : l’utilisation des masques, l’importance des visuels. Tout se recoupe enfin.
Mais à la fin de l’entretien, elle nous emmène à nouveau ailleurs histoire de nous laisser pantois une fois pour toute : « Bizarrement, j’aime mettre en scène le burlesque et l’absurde mais j’aime lire les tragédies classiques : Andromaque ou Antigone », sourit-elle. Flûte. On croyait pourtant l’avoir cernée. C’est raté.




