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Les salariés, dont leur délégué CFDT Adhmed Gessa, devant l’usine qui ferme ses portes.

Le boulanger Panavi ferme son usine
L’application de la décision du groupe industriel breton n’a pas traîné : la production est terminée depuis vendredi. Une quarantaine de salariés du spécialiste de la boulangerie surgelée se retrouve sur le carreau.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  11 avril 2007
Page 17 

À quarante-huit heures de l’arrêt des chaînes de fabrication, le moral des salariés n’y est plus. Depuis vendredi, aucun pain surgelé ne sort de l’usine de la zone des Closeaux. Les trois équipes de la quarantaine d’employés ont appris qu’ils allaient perdre leur emploi dix jours plus tôt.

« On n’a rien vu venir, témoigne le délégué CFDT du personnel, Ahmed Gessa. On a appris la fermeture de l’usine le 27 mars, à 23 h 30 précisément, lorsqu’on est passé près du bureau du contremaître. Le directeur des ressources humaines était là, ainsi que le directeur de l’usine. Leur présence nous a mis la puce à l’oreille. Ils nous ont dit ‘on va organiser une réunion. C’est l’arrêt du site qui est en jeu’On a d’abord pensé au passage aux 35 heures, mais ils nous ont finalement dit qu’il allait fermer l’usine. La décision aurait été prise il y a un mois. »

À Pontchartrain aussi…

C’est la stupéfaction dans les esprits des salariés qui apprennent dans la foulée que leurs collègues de Jouars-Pontchartrain vont connaître le même sort.

À entendre le délégué du personnel, les motifs invoqués par leur direction porteraient sur la productivité de l’usine bucheloise qui ne peut être améliorée qu’au prix d’une extension des locaux et d’une modernisation jugée trop chère.

La production serait ainsi dispersée entre les unités de Caen (14), Torcet (35) et Châtellerault (86), « mais ce qui est fait ici est très difficile à automatiser », assure le délégué du personnel qui a rencontré plusieurs élus locaux pour attirer leur attention.

« Le président de la communauté d’agglomération s’est dit prêt à proposer un terrain pour reconstruire une usine si la direction le veut. »

L’usine de Buchelay était spécialisée dans la fabrication des pains spéciaux surgelés aux céréales, noix, seigle etc., distribués dans les points chauds et en grandes surfaces et employait vingt-sept personnes en CDI et une douzaine en CDD, six-jours sur sept, essentiellement payés au SMIC. À l’intérieur des bâtiments, la température n’excédait pas les 8 °C et descendait dans les chambres réfrigérées à -35°.

Des possibilités de reclassement sur plusieurs des quelque vingt-deux usines que compte le boulanger vont être proposées aux employés buchelois. Très peu sont susceptibles d’accepter.

« Nous voulons pouvoir retrouver un emploi sûr et rapidement dans la région ou un véritable plan social. Pour l’instant, on nous propose 1 000 € comme prime si on retrouve un travail ou 4 000 € comme aide à la création d’entreprise, avec une prime de rupture de contrat de deux mois de salaire. C’est plus que maigre. Panavi a ouvert quatre sites cette année. »

Le groupe breton Demeter - Panavi a notamment racheté l’usine Délices de la Tour, près du Mans (72) et racheté la société espagnole Ohayo, spécialisée dans la production de viennoiserie surgelée « très complémentaire des produits Panavi exportés dans la péninsule », selon son site Internet.

Dirigé par René Ruello, le groupe emploie 1 600 salariés. Il a réalisé 230 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2006. Il en prévoit 250 cette année.


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