La première table ronde traitait du bilan de la situation en termes d’emploi, de formation et de salaires dans la région mantaise. Trois grandes données sont ressorties des débats. Tout d’abord, selon Éric Roulot, syndicaliste et membre du PCF, le fait que « la casse industrielle de la région mantaise s’amplifie avec des annonces de délocalisations de grosses entreprises, notamment d’entreprises automobiles vers des pays de l’Est, avec des perspectives de suppressions d’emplois relativement importantes ». Et Éric Roulot, de citer « la délocalisation en Slovénie d’une des Twingos fabriquées actuellement à Flins. » D’où un chômage dans la région mantaise « trois fois plus important que dans l’ensemble du département. »
Ensuite, « alors que les emplois disparaissent, en termes de substitution, on nous propose des emplois en CDI mais à temps partiel imposé, l’amplification du phénomène d’intérim et l’augmentation substantielle des emplois aidés. Ce qui se traduit pour la région mantaise par 30 % des emplois qui sont précarisés. »
Enfin, cette première table ronde a mis en lumière une « attaque frontale contre les services publics » où les différentes interventions ont mis l’accent sur le fait que « dans chaque secteur du service public on est confronté aux mêmes logiques de rentabilité et ce, pour répondre aux exigences des actionnaires. »
La seconde table ronde traitait des propositions des participants : la plupart reprenaient le programme de Marie-Georges Buffet pour l’élection présidentielle : Smic à 1 500 € immédiatement, contrôle et maîtrise des fonds publics, sauvegarde du tissu industriel, etc.
Des propositions pour la région de Mantes ont été aussi formulées. Ainsi, Pierre Marsaleix, syndicaliste enseignant, s’est employé à montrer comment « la région mantaise est sinistrée au regard de la région Ile-de-France sur la question de la formation. Pas d’université dans la région mantaise, difficultés avec les élèves les plus précaires, dans les zones difficiles, aussi bien aux Mureaux qu’au Val Fourré ». Pour lui, « cette inégalité territoriale est à corriger ». Pour ce faire, Pierre Marsaleix a donné trois exemples. Evoquant les « métiers sous pression dont on parle beaucoup à l’ANPE », c’est-à-dire des métiers qui sont en demande de recrutement et qui ne trouvent pas de jeunes pour faire ces métiers (bâtiment, restauration, carrières sanitaires et sociales). Pierre Marsaleix a affirmé que « la Région s’était engagée il y a 8 ans à augmenter la capacité de formation du lycée Camille Claudel à Mantes-la-Ville ». Pour lui, dans ce lycée, si l’on a effectivement augmenté cette capacité de formation dans les carrières sanitaires et sociales d’aide à la personne, on pourrait aussi l’augmenter en hôtellerie-restauration afin de « pouvoir fournir à la demande et qualifier des jeunes des banlieues populaires dans ces métiers. » Autre exemple avec le lycée Lavoisier où Pierre Marsaleix regrette qu’on ait « supprimé petit à petit toutes les formations initiales du bâtiment au détriment de l’apprentissage de l’IFA-BTP d’Aubergenville. »
Concernant les formations universitaires, Pierre Marsaleix pense que « la région mantaise doit se doter le plus rapidement possible d’un système performant de formation universitaire » analogue, par exemple, à celui de la région de Saint-Quentin-en-Yvelines, « un des lieux de la région parisienne qui se développe le plus et vers des emplois de haut niveau. Il faut que la région mantaise ait des emplois de haut niveau et pour cela il faut y implanter une vraie université avec des filières diversifiées. C’est ce qui tirera vers le haut le développement régional » a conclu le leader syndical enseignant.
J.-M. G.
Pour imprimer cet article
Envoyez cet article à un ami
Autres articles associés