Magny. Le maire crie au complot
Accusé par l’opposition d’avoir falsifié des comptes rendus de conseils municipaux, le maire Jean-Pierre Muller (PS) se défend et crie au complot de la part de ses opposants politiques. Accusé de faux, usage de faux et prise illégale d’intérêt, il risque cinq ans de prison ferme et 500 000 € d’amende.
Adélaïde Haslé
Le Courrier de Mantes
Publié le: 05 avril 2007
Page 25
« Je n’ai rien fait de mal », assène à qui veut l’entendre Jean-Pierre Muller. « Je fais l’objet de menaces constantes », raconte l’édile à la tête de la commune depuis 2004. Cinq membres de l’opposition sur sept ont porté plainte contre Jean-Pierre Muller concernant deux décisions du conseil municipal prises en 2003.
La première de ces délibérations date du 9 juillet 2003. Elle traite de l’organisation du centre aéré de l’été 2003 et stipule que « les participations des familles restent inchangées par rapport à l’année 2002 ». La deuxième délibération date du 18 décembre 2003 et concerne cette fois l’emploi de neuf agents recenseurs dont l’un de ses fils. L’opposition l’accuse donc d’avoir embauché son fils au frais de la mairie. Ce à quoi le maire répond qu’il n’est « pas illégal d’engager quelqu’un de sa famille pour ce type d’emploi. De toute façon, nous avons eu beaucoup de mal à trouver des agents recenseurs. Tout le monde vous le dira ici ! On a même été obligés de passer une petite annonce », assène-t-il sans relâche. L’opposition accuse le maire d’avoir signé ces délibérations alors qu’elles ne seraient jamais passées en séance du conseil.
Il ne relisait pas les délibérations
Jean-Pierre Muller ne comprend surtout pas pourquoi l’opposition ressort des cartons ces décisions qui relèvent « des affaires courantes » d’une commune. Le maire ne se rappelle pas de ces décisions. « C’était en 2003, je ne me rappelle de tout surtout pour ce type de décisions qui ne marquent pas foncièrement la commune », se justifie-t-il.
C’est son directeur de service qui tape les décisions, puis le maire signe. Parfois sans les relire. « Mon erreur est de ne pas les avoir relues », s’excuse-t-il. « C’est lui qui rédigeait les délibérations », assure-t-il. Jean-Pierre Muller en se défendant accuse donc son ancien directeur général des services aujourd’hui en préretraite d’avoir rédigé de fausses délibération pour le piéger.
« Pas étonnant de sa part »
Ce n’est pas la première fois que l’opposition intente un procès contre le maire. Ils en sont déjà à huit tous « perdus sans exception ». Selon le maire « ils ont carrément judiciarisé la vie municipale magnytoise ». Et puis il y a ces tracts rédigés sous le collectif CASPIE ou encore Les éclaireurs qu’il reçoit régulièrement et qui viennent des membres de l’opposition selon lui. « Des tracts méchants et violents », dit-il.
Contacté par téléphone l’un des membres de l’opposition qui a porté plainte contre Jean-Pierre Muller, affirme ne pas savoir de qui viennent ces tracts.
Dans le village, on est divisé. Samedi, jour de marché, on ne parle pas beaucoup de l’affaire.
Certains habitants ne sont pas étonnés. « Ça se pourrait bien que ce soit lui. Il en est capable. C’est un maire de gauche mais une ville de droite » , raconte un habitant. Et puis il y a ceux qui se disent que « tout cela est vraiment ridicule. Ce n’est pas la personne la plus sympa que je connaisse. Mais au lieu de lui desservir, ça le rend presque sympathique », raconte un commerçant.
Jean-Pierre Muller risque cinq ans de prison et 500 000 € d’amende.
Pour imprimer cet article
Envoyez cet article à un ami
Autres articles associés
|