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Dans ces immeubles aux fenêtres murées, les derniers habitants concernés par la “rénovation urbaine” ont vu leur quotidien se dégrader.

Rénovation urbaine : le malaise des derniers locataires
Les habitants des quartiers soumis au programme de la rénovation urbaine, qui vivent dans les immeubles peu à peu vidés de leurs occupants, doivent parfois supporter des conditions de vie pénibles avant d’obtenir un relogement. En effet, l’exigence de la ville que les bailleurs HLM reconstruisent avant de démolir n’a pas été vraiment suivie d’effet…
Le Courrier de Mantes
Publié le:  28 mars 2007
Page 28 

Le collectif pour la promotion du logement social, opposé aux démolitions d’immeubles, avait déjà rapporté ces situations, où des familles sont importunées par les squatters qui s’approprient les habitations aux fenêtres désormais bouchées par des parpaings. C’est le cas dans le quartier de la Vigne Blanche, mais aussi à la cité Renault, où les conditions de vie des derniers locataires qui attendent un relogement se sont considérablement dégradées.

Violence

Ainsi récemment, dans un immeuble de la cité Renault, une canalisation a même éclaté, et tout un appartement a été inondé. Dans un autre quartier, à la tour Les Iris à la Vigne Blanche, des appartements ayant été murés aux étages supérieurs, les habitants se plaignent du stockage des parpaings dans l’entrée de l’immeuble et dans les parties communes ! Ailleurs, d’autres locataires “relogés” dans un nouvel appartement retrouvent des conditions de vétusté équivalentes…

Ces situations sont au moins l’illustration d’un « manque de respect » des locataires, et dernièrement Joseph Tréhel (PC) a dénoncé « la qualité du suivi de la rénovation urbaine » au conseil municipal. Lors de la dernière séance du conseil, l’élu communiste a estimé aussi que la majorité municipale avait « mal abordé » le dossier de la rénovation urbaine, déclarant que « les habitants concernés par l’ANRU (Agence nationale de la rénovation urbaine, NDLR) étaient victimes d’une véritable violence. » Elle est au moins symbolique dans la plupart des cas. L’élu du groupe Les Mureaux Pluriel réitère sa demande que les crédits inscrits pour la rénovation urbaine profitent mieux aux habitants.

Rappelons que la ville s’était engagée à ce que les bailleurs HLM construisent de nouveaux immeubles avant de démolir leur parc vétuste. A posteriori ce fut un vœu pieux.

Le maire des Mureaux admet pour sa part un léger loupé sur le murage et le bétonnage des immeubles où demeurent encore des locataires. « On ne peut pas être totalement fiers de nous ! », plaide-t-il. Avec Albert Bischerour, l’adjoint au maire en charge du dossier, il répond ensuite aux critiques sévères de Joseph Tréhel, en rappelant que « la grande majorité des familles trouve des solutions de relogement » sur l’ensemble des 750 dossiers de relogement traités, « ce qui n’est pas si mal ».

Concernant les reconstructions ensuite, un ensemble de permis de construire a déjà été déposé : 180 nouveaux logements seront construits en 2007. Mais difficile de voir le début d’un chantier pour l’heure, les premiers appels d’offres des bailleurs se révèlent souvent infructueux. C’est le cas notamment pour un programme de 38 logements à la cité Renault qui devrait démarrer à l’été. Près de la tour Les Sauges, à la Vigne Blanche, un autre programme de 40 logements débutera à la fin de l’année 2007.


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