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Veillée d'armes au lycée François-Villon contre la baisse de la dotation horaire
Comment « faire parler » de la situation de ces lycées de banlieue, dont les élèves seront probablement fortement pénalisés à la rentrée prochaine par la baisse des dotations horaires ? Parents et profs envisagent différentes actions jusqu’aux grandes vacances. Reportage au lycée Villon.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  28 mars 2007
Page 29 

Veillée d’armes ou réunion de crise au lycée François-Villon, mercredi dernier. Depuis l’annonce de la baisse de la dotation horaire à la rentrée prochaine, parents et enseignants du lycée s’organisent et multiplient les initiatives pour se faire entendre du ministère de l’Éducation nationale.

Courriers des parents au rectorat

En ligne de mire, les dernières mesures gouvernementales qui prévoient d’enlever des moyens d’enseignements aux professeurs. Le ministère annonce ainsi des baisses drastiques des dotations horaires au lycée Villon en septembre 2007 : une baisse de 74 heures de cours qui se traduirait par l’inscription de 357 élèves en seconde au maximum, « ce qui est bien en deçà des effectifs attendus ordinairement », « et qui ne tient pas compte des redoublements », dénoncent les enseignants.

Dans la grande salle du foyer du lycée François-Villon, mercredi dernier, environ 150 parents soutenant le mouvement de colère des profs, et une vingtaine d’enseignants, ont discuté, pendant deux heures, les propositions d’actions censées « sensibiliser » l’opinion publique.

« Plus on attirera l’attention sur la baisse de la dotation horaire et mieux ça sera », lance une enseignante faisant un peu figure d’animatrice de la réunion. « Les profs ne peuvent pas y aller tous seuls… Nos enfants seront beaucoup plus pénalisés par tout ce que le gouvernement actuel prépare ! »

Bloquer le baccalauréat ? La question est aussi posée. « C’est toujours très difficile, pour nous, de perturber les épreuves du bac », avoue une autre enseignante, « là, il faudrait un soutien sans failles des parents ! »

« L’autre option est de ne pas mettre de note en dessous de 15 au baccalauréat 2007 », lance un représentant d’un autre établissement du second degré de la région. On hésite enfin sur les actions qui seront les plus « déterminantes ». « Il faut graduer nos actions », modulent les parents d’élèves.

La proposition de « blocage du lycée » a semblé être évacuée, car si elle « séduit » certains enseignants, elle n’est pas du goût de tous les parents, ni de certains élèves. Et les enseignants l’ont rappelé mercredi soir : « ce n’est pas aux élèves de prendre l’initiative du blocus du lycée. Rappelez-le à vos enfants ! »

L’association indépendante des parents d’élèves de François Villon donne pour le moment le ton en proposant d’« inonder l’inspection académique » de courriers. C’est la première action retenue. Les parents les plus investis informeront ensuite les parents des autres établissements. D’autres idées s’ajouteront dans les jours qui viennent. Les membres du conseil d’administration du lycée, enseignants et élèves, l’annoncent, « le mouvement ne fait que commencer », avec un ton qui semble être celui de la détermination.


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