L’inquiétude est sérieuse : dès le mois de novembre, quarante professeurs d’EPS du Mantois, sur la centaine que compte l’agglomération, s’étaient réunis en assemblée générale à l’appel du SNEP-FSU.
Un décret signé par le ministre de l’Éducation Gilles de Robien prévoit que trois heures, sur les vingt heures hebdomadaires que compte le service d’un professeur d’EPS, jusqu’ici attribuées de droit à l’association sportive (AS) du collège ou du lycée, peuvent être récupérées par le chef d’établissement pour l’enseignement. L’opération vise à réduire le nombre de professeurs. La disparition de ce forfait de trois heures, effective dans neuf lycées de la région, menace l’existence des AS. Dans l’académie de Versailles, ce sont 266 forfaits qui ont disparu. Le maintien ou non du forfait dépend en fait désormais du bon vouloir du chef d’établissement. Dans les collèges du Val-Fourré, les directives rectorales sont de maintenir les forfaits pour la rentrée prochaine. Car la mesure paraît contestée y compris par une partie des chefs d’établissement.
Stéphane Boutillier, du SNEP-FSU, pointe l’hypocrisie « de la droite qui reçoit au conseil général les meilleures équipes UNSS », qui tient colloque sur « le sport en banlieue », alors qu’elle programme par ailleurs la disparition des associations sportives scolaires.
Caroline Delaurens, enseignante au collège Pasteur de Mantes-la-Jolie, témoigne de l’importance sociale de l’UNSS : « L’association sportive au collège Pasteur, c’est 30 % d’élèves licenciés, répartis entre le football pour les garçons et le basket pour les filles. L’encadrement est assuré le mercredi après-midi par trois enseignants habitués à gérer les tensions entre les élèves. Pour la modique somme de 16 euros, les élèves peuvent participer aux entraînements et aux compétitions proposés au sein de l’UNSS. Parce que l’association sportive permet aux enfants de vivre des expériences humaines et sportives intenses, elle représente un lieu de convivialité, de dépassement de soi, d’entraide et de confrontation exceptionnel. »
L’instauration par la loi Fillon d’un « socle commun » d’enseignement, qui ferait qu’à terme l’EPS deviendrait optionnelle, achève de démoraliser les enseignants. Cette année, 400 postes seront ouverts au concours du CAPES, alors qu’il y a 11 000 étudiants dans les filières STAPS. Et deux professeurs d’EPS sur trois qui partent à la retraite ne sont pas remplacés. Dans le mouvement de contestation qui gagne l’enseignement depuis quelques semaines, les professeurs d’EPS ne sont donc pas les derniers à boycotter les conseils d’administration et les conseils de classe.




