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Le maître-chien piste les disparus
Lorsqu’on appelle le policier Brogniart c’est pour son chien, Réno un malinois de 7 ans. Tous deux sont spécialisés dans la recherche des personnes disparues. Des retraités souffrant de maladie d’Alzheimer, des fugueurs, des suicidaires.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  21 mars 2007
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Mercredi 14 mars 23 heures Une jeune femme de 28 ans connue pour des tendances suicidaires a disparu à Andrésy. Jusqu’à 4 heures du matin Gilles Brogniart et Réno, accompagnés de l’assistant Raphaël Charlot, vont passer au peigne fin une partie de la ville, sans succès. Ce week-end, le duo a retrouvé en vingt minutes dans un bois de Maisons-Laffitte un suicidaire de 43 ans qui avait avalé des médicaments.

Encore une fois, Gilles a été mis à contribution dans une enquête de disparition inquiétante. Depuis 2004, après vingt-neuf ans dans la police, ce sympathique père de famille, qui adore les chiens, est LE maître-chien pisteur des Yvelines — il n’y en a qu’un ! « Quand une personne disparaît on nous appelle, explique Gilles Brogniart mais on peut se mettre à la recherche de braqueurs en cavale. On présente alors un objet appartenant à la personne recherchée ou bien on nous montre une zone où elle a été vue et le chien fait sa quête. »

Pour Réno un malinois de 7 ans, le jeu peut commencer. Il part à droite, à gauche revient, effectue des va-et-vient. « Quand il se couche, c’est qu’il a trouvé quelque chose, comme un vêtement appartenant à la victime, décrypte le policier. S’il s’arrête et aboie, alors la personne est là. »

« Je travaille avec un assistant (Raphaël) qui fait progresser le chien, explique Gilles Brogniart, qui a l’esprit d’équipe. Ce solide policier de 51 ans en a vu pas mal dans son métier : après le travail classique en commissariat, la brigade anticriminalité, il entre en 1998 « à la canine » au service d’ordre public des Yvelines. En 2004 on lui confie Réno, plutôt joueur, qui va se révéler autant un compagnon de vie qu’un rude travailleur.

« À la sortie du stage de trois mois, se souvient Gilles, il pouvait retrouver une trace olfactive sur mille mètres ; aujourd’hui il pousse jusqu’à huit kilomètres. Il est capable de sentir une odeur à la volée plus de quarante heures après la disparition de la personne », ajoute-t-il, fier de son chien et du travail réalisé avec son assistant.

Depuis, de jour comme de nuit, Gilles Brogniart est donc sollicité par sa hiérarchie pour se rendre sur n’importe quelle affaire. « Le 8 décembre 2006, un garçon de 11 ans a fugué de chez lui à Buc. Il a sonné chez quelqu’un qui l’a remis à ses parents. Trente minutes plus tard, il s’enfuyait à nouveau. Avec le chien nous l’avons cherché sur plusieurs kilomètres, cette nuit-là il pleuvait. Nous l’avons finalement retrouvé sain et sauf près de la médiathèque. C’était un enfant battu. »

La planque des contrebandiers

Un autre jour, c’était le 31 janvier dernier, il a retrouvé la planque de contrebandiers qui avaient entreposé des centaines de cigarettes dans une cave dans les sous-sols de HLM à Paris. « On nous a donné la chaussure d’un des suspects », se souvient Gilles, qui ne manque pas de flair lui non plus. Quand Réno a réussi sa quête, il reçoit une récompense. « Je lui donne un chiffon », confie le policier qui aime aussi le jeu entre chaque affaire. Souvent, pour nos deux pisteurs, les appels s’accumulent. Il y en a parfois deux à trois par jour. Une fois ils ont réalisé cinq pistes en 24 heures ! De l’abattage presque tant les besoins d’un chien pisteur sont considérables. Il en faudrait un par département (il en existe en Seine-et-Marne, NDLR) d’autant que la police en France prend avec beaucoup de sérieux les affaires de disparition depuis l’affaire Estelle Mouzin.

« Le chien ne retrouve pas toujours mais il apporte des éléments importants pour les enquêteurs chargés du dossier. C’est dorénavant une carte de plus dans le jeu des policiers pour retrouver au plus vite les personnes disparues », conclut Gilles, qui récupérera Réno à sa retraite.

L’enlèvement de Porcheville

Réno a participé aux recherches de deux enfants, le frère et la sœur de 11 et 8 ans portés disparus le 10 janvier et retrouvés sains et saufs et « couverts de boue » dans un centre commercial de Limay, en compagnie de Ludovic B., un handicapé mental léger de 27 ans et ami de la famille. Le chien a marqué un abribus d’où le trio a pris la direction de Paris.


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