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A Magnanville, le magasin But est devenu cette semaine la figure emblématique de la résistance. La direction et les salariés ont décidé de braver l’interdiction. Après un mois de fermeture, l’enseigne a rouvert ses portes dimanche au risque de se voir infliger une amende de 2 000 euros par employé. Un huissier est même venu constater que le magasin était bien ouvert. |
La grogne est montée d’un cran ce week-end. Le passage d’un huissier boulevard de l’Europe pour constater l’ouverture du magasin But et la présence de six salariés a fini d’exaspérer… les salariés justement qui bataillent depuis le début de l’année pour obtenir l’autorisation de travailler le dimanche.
Le spécialiste de l’équipement de la maison - électroménager et mobilier - a décidé de rouvrir ses portes et de risquer 2 000 € d’amende par employés d’amende à chaque ouverture illicite.
L’épée de Damoclès n’a donc pas fait que menacer l’enseigne. Elle est bien tombée. La demande de dérogation formulée auprès de la préfecture n’a rien donné.
« Nous sommes donc en pleine discrimination commerciale », estime le directeur de l’enseigne magnanvilloise, Philippe Morel, en faisant allusion à l’ouverture du centre de Vélizy et, surtout, de celui d’Orgeval. La perte du chiffre d’affaires est estimée à 18 % sur une moyenne annuelle de 50 000 € par dimanche.
Après une trentaine d’années d’ouverture dominicale, la direction du magasin s’était dans un premier temps conformée à l’injonction du tribunal administratif du début d’année.
Direction et employés n’auront pas courbé l’échine bien longtemps. L’ordre de réouverture a été donné au sommet même de la société But international, par son président Daniel Fontaine.
Impact
Interrogé jeudi, le préfet Christian de Lavernée a indiqué qu’il « travaille » avec le maire et conseiller général (PS) de Magnanville, André Sylvestre, et le sénateur maire (UMP) Dominique Braye sur la question. Plus largement, « nous cherchons la façon de remettre d’équerre les agréments de l’ensemble de l’Ile-de-France ».
Les autorisations d’ouverture n’ont que « peu d’impact » sur l’emploi dans la région, estime par ailleurs le représentant de l’État. Elles en ont en tout cas sur la feuille de paye des employés, rémunérés à la commission, qui estiment perdre 20 % de leur salaire chaque mois, notamment leur prime hebdomadaire de 75 €.
« Nous sommes évidemment très en colère, témoigne Lionelle Decoster, déléguée CGT du personnel. Nous disons depuis trois mois qu’il y a deux poids deux mesures, et nous en avons encore eu la preuve dimanche. Nous ne faisons pourtant rien de mal, nous ne sommes pas des délinquants ! Nous voulons simplement travailler. »
Et d’ajouter : « On ne sait pas ce que ça va donner à l’avenir, on n’oublie pas les amendes. Mais nous n’avons pas l’intention de nous laisser faire. »




