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A Magnanville, le magasin But est devenu cette semaine la figure emblématique de la résistance. La direction et les salariés ont décidé de braver l’interdiction. Après un mois de fermeture, l’enseigne a rouvert ses portes dimanche au risque de se voir infliger une amende de 2 000 euros par employé. Un huissier est même venu constater que le magasin était bien ouvert.

Ils bataillent pour travailler le dimanche
Salariés et patrons de plusieurs enseignes de Magnanville et Buchelay ne décolèrent pas et dénoncent une « discrimination commerciale » autour des ouvertures dominicales. Chez But, le président du groupe a décidé de faire front et demandé à la direction locale de braver l’interdiction.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  21 mars 2007
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La grogne est montée d’un cran ce week-end. Le passage d’un huissier boulevard de l’Europe pour constater l’ouverture du magasin But et la présence de six salariés a fini d’exaspérer… les salariés justement qui bataillent depuis le début de l’année pour obtenir l’autorisation de travailler le dimanche.

Le spécialiste de l’équipement de la maison - électroménager et mobilier - a décidé de rouvrir ses portes et de risquer 2 000 € d’amende par employés d’amende à chaque ouverture illicite.

L’épée de Damoclès n’a donc pas fait que menacer l’enseigne. Elle est bien tombée. La demande de dérogation formulée auprès de la préfecture n’a rien donné.

« Nous sommes donc en pleine discrimination commerciale », estime le directeur de l’enseigne magnanvilloise, Philippe Morel, en faisant allusion à l’ouverture du centre de Vélizy et, surtout, de celui d’Orgeval. La perte du chiffre d’affaires est estimée à 18 % sur une moyenne annuelle de 50 000 € par dimanche.

Après une trentaine d’années d’ouverture dominicale, la direction du magasin s’était dans un premier temps conformée à l’injonction du tribunal administratif du début d’année.

Direction et employés n’auront pas courbé l’échine bien longtemps. L’ordre de réouverture a été donné au sommet même de la société But international, par son président Daniel Fontaine.

Impact

Interrogé jeudi, le préfet Christian de Lavernée a indiqué qu’il « travaille » avec le maire et conseiller général (PS) de Magnanville, André Sylvestre, et le sénateur maire (UMP) Dominique Braye sur la question. Plus largement, « nous cherchons la façon de remettre d’équerre les agréments de l’ensemble de l’Ile-de-France ».

Les autorisations d’ouverture n’ont que « peu d’impact » sur l’emploi dans la région, estime par ailleurs le représentant de l’État. Elles en ont en tout cas sur la feuille de paye des employés, rémunérés à la commission, qui estiment perdre 20 % de leur salaire chaque mois, notamment leur prime hebdomadaire de 75 €.

« Nous sommes évidemment très en colère, témoigne Lionelle Decoster, déléguée CGT du personnel. Nous disons depuis trois mois qu’il y a deux poids deux mesures, et nous en avons encore eu la preuve dimanche. Nous ne faisons pourtant rien de mal, nous ne sommes pas des délinquants ! Nous voulons simplement travailler. »

Et d’ajouter : « On ne sait pas ce que ça va donner à l’avenir, on n’oublie pas les amendes. Mais nous n’avons pas l’intention de nous laisser faire. »


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