Des mini-F1 fabriquées à l'IUT de Mantes
Deux cents élèves de sept collèges et lycées d’Ile-de-France sont engagés dans le projet « Course en cours » mené par Dassault Systèmes et Renault. Quarante-trois équipes doivent concevoir des mini-F1 sur un logiciel en 3D et les fabriquer à l’IUT de Mantes pour participer au Grand Prix. Au-delà de son aspect ludique, le projet est surtout un outil pour sensibiliser les futurs étudiants aux technologies industrielles et aux formations scientifiques.
Ludovic Vincent
Le Courrier de Mantes
Publié le: 14 mars 2007
Page 9
« Je ne m’intéressais pas trop au domaine des technologies. Je découvre petit à petit. Je pense faire une S (série scientifique) au lycée et peut-être que je reviendrais étudier ici plus tard. C’est sûr qu’il y a plus de moyens qu’au collège. » À la sortie de la visite de l’IUT, Nacim, élève de troisième au collège Les Plaisances (voir ci-dessous), est enthousiaste. Il vient de découvrir la machine à mesurer tridimensionnelle qui lui permettra de vérifier que la mini-F1 fabriquée correspond bien à celle que son équipe a conçue sur le logiciel de conception 3D assistée par ordinateur, Catia V5, fourni par Dassault Systèmes. Il a vu aussi les deux souffleries destinées à apprécier l’aérodynamisme des voitures et, enfin, il a pu tester la piste d’essai et de course « homologuée au niveau international » et longue de 20 mètres sur laquelle les machines sont propulsées par une cartouche de gaz de Co2.
Nacim et ses camarades vont disposer de machines semblables à celles utilisées par les grandes écuries de F1. Excusez du peu !
Et ce n’est pas tout. Jeudi, à l’IUT de Mantes, les 200 élèves des collèges et lycées étaient accueillis par leurs trente-huit tuteurs étudiants de l’Université de Saint-Quentin, dont dépend l’IUT, et par Dassault Systèmes, Renault et Renault F1 Team. Une réplique de la voiture championne du monde l’an dernier, mise aux couleurs de la nouvelle saison, était exposée devant l’entrée de l’IUT. Un moteur de F1 trônait dans le hall et Bernard Dudot, ancien directeur de Renault Sport et de Prost Grand Prix, est venu leur présenter une conférence sur la F1 et l’aérodynamisme.
Le projet a fait ses preuves en Australie
Ce projet, qui a déjà fait ses preuves dans d’autres pays comme l’Australie, a été présenté par Dassault Systèmes à l’inspection académique. Il y a trouvé un écho favorable. Son objectif d’équité sociale lui permet de s’inscrire dans le programme de réussite éducative et il est donc porté par l’Université de Saint-Quentin, l’IUT de Mantes et le lycée Jean-Rostand, tous partenaires des entreprises et soutenus par la préfecture, le conseil régional et le conseil général. « Nous sommes fiers d’être un des rouages du programme de réussite éducative » a déclaré Samir Allal, le directeur de l’IUT, avant que Sylvie Faucheux, la présidente de l’UVSQ, ne reconnaisse que « les filières scientifiques et technologiques ont de plus en plus de mal à attirer les étudiants. Nous avons donc besoin de ce type de projet qui montre une vision des sciences plus appliquées. »
« Course en cours », dont les demi-finales se disputeront en mai à l’IUT, et la finale donnant accès à la compétition internationale en juin à Paris, répond ainsi à plusieurs objectifs : « améliorer l’articulation classe de terminale-université » et, surtout, « sensibiliser les élèves aux formations universitaires et augmenter les chances de réussite dans les parcours » et en les incitant à s’orienter un peu plus vers les filières scientifiques et technologiques.
« On manque d’ingénieurs, a aussi expliqué Joël-René Dupont, l’inspecteur d’académie, au moment des discours officiels. Les pôles technologiques sont pourtant l’avenir de la France. En cette journée de la Femme, on peut souligner par exemple que les jeunes filles réussissent mieux leurs études que les garçons. Pourtant, on ne les retrouve pas dans les filières professionnelles, scientifiques et technologiques. Elles sont 38 % à s’orienter vers les filières scientifiques alors que les indicateurs nous montrent qu’il en faudrait 45 %. »
Il n’est pas certain que ce soit les minis F1 qui attirent le plus les jeunes filles. Mais “Course en cours” a le mérite de déclencher l’enthousiasme de tous ces partenaires. Il faut dire qu’il combine aussi ses objectifs avec le développement d’un pôle mécatronique de renommée internationale dans le Mantois.
Et il aiguise l’esprit de compétition, en favorisant une certaine égalité des chances (les équipes disposent des mêmes ressources mais peuvent faire appel aux sponsors), d’élèves comme Nacim. « On travaille pour gagner », glisse-t-il dans un sourire. Rendez-vous en mai pour les demi-finales.
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