« Maintenant, votre pays, c’est le théâtre » : voilà ce qu’a dit un professeur de théâtre du conservatoire de Strasbourg à Arnaud Lisbonne lorsque celui-ci est arrivé au conservatoire à l’âge de 20 ans pour apprendre la comédie.
Sa carrière débute comme comédien. Il a travaillé avec des metteurs en scène comme Stanislas Nordey ou Jacques Lassalle. « On ne se contentait pas de répéter et de jouer. À l’époque de la décentralisation dramatique, on faisait tout, on jouait et on gérait l’administration. Il n’y avait pas de séparation », raconte-t-il. Acteur, oui mais homme de théâtre avant tout. Jouer la comédie ne lui suffit pas, il lui faut autre chose. « La concurrence entre les acteurs, attendre le coup de fil pour avoir un rôle, je ne supportais plus tout ça », se souvient-il.
Irradier la politique culturelle
En 1998, il est recruté par le théâtre de Sartrouville pour le suivi de l’action culturelle en direction du jeune public. Il s’implique alors de l’autre côté, d’un autre point de vue. « Le théâtre, les actions culturelles menées irradient la politique culturelle d’une ville », pense Arnaud Lisbonne. À côté de cela, il écrit des pièces notamment des spectacles pour enfants. Sa rencontre avec Christian Ritz lui permet de devenir administrateur d’une compagnie de théâtre. Il apprend à gérer une troupe, à « accompagner le travail d’un artiste et rendre possible tous les rêves », avant de devenir administrateur au théâtre de La Barbacane de Beynes pendant un an.
Son art, il s’en sert comme une mission. Bien loin des acteurs à l’ego surdimensionné cherchant le rôle de leur vie, il pense que le théâtre a une mission à remplir et qu’il se doit d’être un porte-parole : permettre l’accès à la culture pour tous. La culture fait partie de la politique d’un pays, d’une ville. Il veut la démocratiser. D’où l’idée de son spectacle. L’histoire de Scott, un personnage qui apparaît dans les bibliothèques et les salles de documentation des écoles. Scott pense que la lecture est là pour lui apporter des réponses. Alors, il ingurgite, il accumule les histoires. Mais il se rend compte que « la littérature n’est pas là pour donner des réponses mais pour poser des questions. Il doit donc aborder la lecture d’une autre façon ».
Former le public de demain
Avec ce spectacle Arnaud Lisbonne espère « voir les enfants aller au théâtre. On ne sait pas si on forme le public de demain mais on l’espère, souffle-t-il. On espère surtout qu’ils prendront conscience, en allant au théâtre plus tard, qu’ils ne sont pas des privilégiés. Cela doit devenir un acte naturel ».
Cela signifierait que la culture s’est enfin démocratisée. Arnaud Lisbonne s’y emploie. C’est sa mission : le travail d’un artiste citoyen au pays du théâtre…
Pour imprimer cet article
Envoyez cet article à un ami
Autres articles associés