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Catherine Grangeard.

La « psy » et les maux du poids
Catherine Grangeard sera le 24 mars à la librairie Tonnenx à Mantes-la-Jolie pour y parler de son ouvrage. Une double approche, sociologique et psychanalytique, de l’obésité.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  14 mars 2007
Page 11 

Le titre de son livre couvre à lui seul la complexité de la question : « Obésités, le poids des mots, les maux du poids ». Psychanalyste installée à Beynes, dans les Yvelines, Catherine Grangeard travaille depuis sept ans avec des chirurgiens qui posent des anneaux gastriques, intervention ultime, qui permet aux obèses en grand danger, de perdre plusieurs dizaines de kilos en réduisant le volume de leur estomac. « Les médecins s’occupent en général de l’angle strictement somatique, mais prêtent peu d’attention au "pourquoi ?". Les gens savent bien qu’il ne faut pas trop manger, mais ils n’y arrivent pas et ce n’est pas qu’une question de volonté. »

Son approche n’est pas seulement clinique, ou psychanalytique. Elle est aussi sociologique et nous interroge, collectivement sur nos modes de vie. L’obésité (et nous ne parlons pas ici des kilos superflus) inquiète. À tel point que l’OMS l’a classée en cinquième place des problèmes de santé des pays industrialisés. En 1983, 6,3 % des Français étaient obèses. En 2003, ils représentaient 10, 3 % de la population ! Et ça continue. Mal bouffe, grignotage, offre permanente, stimuli publicitaires, sont autant de facteurs qui poussent à la consommation. « Et voilà bien le paradoxe : nous vivons dans une société d’opulence où abondent les encouragements à la consommation, mais où la minceur la plus svelte constitue l’incontournable modèle de beauté », s’exclame Catherine Grangeard. Au cours de son analyse, elle fustige la dictature de l’IMC (indice de masse corporelle), celle des régimes à répétition, mais observe aussi que les populations les plus pauvres sont les plus touchées par cette « maladie ».

« Quand on s’intéresse à la société, on s’interroge forcément sur le monde où vivent les gens à un instant “ T ”. Comme psychanalyste, je sais aussi que, par expérience, nous trimbalons chacun notre sac, et que cela va influencer notre comportement, dans cette société ; C’est le tricotage de ces deux fils qui compte pour une vie. »

Au fil des pages Catherine Grangeard s’efforce donc, non pas de « détricoter », mais d’identifier ces fils, parfois si serrés qu’ils ne semblent en faire qu’un. Passant du général au particulier, elle cherche à comprendre, dans une approche psychanalytique et jamais moraliste, comment les personnes obèses qu’elle a rencontrées en sont arrivées là. Elle cherche aussi des solutions, des outils à mettre œuvre pour en sortir. « Le véritable produit de substitution ne peut être que l’accès à une parole enfouie en soi », dit-elle. Même si le chemin est long et difficile.

Catherine Grangeard, « Obésités, le poids des mots, les maux du poids », Calmann-Levy, 2007.


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