|
Rassemblement d’un collectif d’associations devant la mairie samedi dernier. |
“Soyez solidaires ! C’est unis, en agissant avec vos amicales de locataires, que vous serez respectés !”, cet appel sorti d’un mégaphone, c’était ce que l’on pouvait entendre samedi matin devant le parvis de l’hôtel de ville. Le collectif de défense du logement social et les amicales de locataires des cités (Renault, Vigne Blanche, Léo Lagrange), la Confédération syndicale des familles 78, Action pour Tous, Droit au logement (DAL) appelaient à manifester devant la mairie des Mureaux pour exiger, en préalable à toute démolition de logements sociaux, des constructions en nombre suffisant et à un niveau de loyer égal à l’existant.
“Effet Sarajevo”
Tout au plus on dénombrait samedi une trentaine de personnes dans le rassemblement, et certains des soutiens de la manifestation analysaient cette désaffection populaire comme une “résignation” des locataires devant la mise en œuvre effective, et l’avancée (même timide) de la rénovation urbaine dans les quartiers.
“Des situations difficiles ont été évoquées par les habitants à qui l’on propose des relogements à Trappes, à Carrières-sur-Seine et même à Châteauroux pour un bailleur ! Parfois le loyer atteint 800 euros alors que le locataire ne payait que 400 euros avant de déménager. La promesse de la ville et des bailleurs que les locataires pourraient rester sur place et que les loyers resteraient stables n’a pas été tenue ! Chez tous les bailleurs les loyers augmentent !”, dénonce Daniel Vitter le président du collectif pour la promotion du logement social.
À ces premiers griefs s’ajoutent ainsi les graves problèmes d’insécurité rencontrés par les derniers locataires des immeubles peu à peu vidés de leurs habitants. Souvent les immeubles, dont les appartements sont libérés et murés, deviennent des lieux de squat et de trafics. “Ces lieux sont impossibles à habiter”, note Daniel Vitter.
Les associations réclament aussi une préparation approfondie des déménagements avec les habitants, et que ceux-ci se déroulent sur un temps court afin d’éviter, comme c’est le cas en ce moment, que des familles se retrouvent à deux ou trois foyers à occuper un immeuble aux fenêtres murées, ce que le collectif appelle l’“effet Sarajevo”. Les associations sont aussi déterminées à demander à ce que les quartiers soient mieux “sécurisés”, ce qui est une demande plutôt nouvelle dans cette frange de la gauche alternative ou communiste.
“La priorité, clament les associations locales, est de construire des logements convenables à des prix acceptables.” Ces dernières font ensuite le rapprochement entre les 350 millions d’euros accordés par l’État à la rénovation urbaine pour la ville des Mureaux et le montant des loyers : “tout cet argent débloqué par l’État doit permettre aux bailleurs de ne pas augmenter les loyers.” Les associations locales de défense des intérêts de locataires se déclarent “bien décidées à demander des comptes aux bailleurs sur l’argent public versé pour la rénovation urbaine”.




