Économiste à la retraite habitant Villennes-sur-Seine, ayant accompli la majeure partie de sa carrière à l’étranger travaillant à des programmes de développement des pays d’Afrique, Philippe Vadjoux est un jeune auteur. « Enfants de », publié aux éditions muriautines In Octavo, est son premier roman. Ce « roman de jeunesse », comme il le qualifie lui-même, n’est jamais le récit d’un ancien combattant - c’était sans doute l’écueil à éviter ! - mais l’histoire de destins croisés dans le contexte du tourbillon de mai 1968.
Une ode à la jeunesse
« La vie des individus peut symboliser la vie des peuples », c’est le propos du romancier. Aussi de fragments de vie personnelle, Philippe Vadjoux torsade les idées et les sentiments d’un petit groupe d’étudiants d’abord engagés à corps et à cœur perdus dans cette révolution des idées, à Paris puis à Madagascar où s’achève le roman et aussi un peu des illusions d’un des héros. Le personnage de François, enfant de la IIIe République, fils d’enseignants “hussards noirs”, n’est pas sans évoquer l’auteur d’autant qu’il a débuté sa carrière dans l’aide au développement à Madagascar lui aussi…
« Je n’ai pourtant pas écrit ce roman pour des raisons autobiographiques, ni nostalgiques, ni même par prosélytisme », veut rassurer Philippe Vadjoux. « C’est un cri de jeunesse, pour dire simplement qu’on est libre de choisir son avenir. Mai 1968 m’intéresse par les idées de l’époque, par une nouvelle génération qui surgit et par l’âge des héros. Tout est incertain, tout est possible », poursuit-il.
Tout est possible comme l’amour presque adolescent de François et Anne, fille de diplomate, en rupture avec son milieu familial… et dont les premiers émois seront révélés par les événements.
Tout est possible lorsqu’on se prouve à soi-même qu’on a la maîtrise de son destin, ainsi François pense-t-il chaque instant de la “révolution sociale” comme « fondateur ».
Tout est incertain aussi lorsqu’il apparaît au fur et à mesure du roman qu’il est difficile de faire le bonheur social contre le gré de la société…
François en prendra d’autant mieux conscience, que la matière du monde est dure, et que spectateur impuissant, il assiste à Madagascar à la répression sanglante du mouvement étudiant.
Dans un style simple, et qui coule une musique fraîche comme la liberté, l’auteur narre l’histoire d’une jeunesse confrontée à une société vieillissante, une société patriarcale, autoritaire, qui ne l’écoute plus. Philippe Vadjoux note au passage quelques correspondances entre cette période et la nôtre, où la doxa libérale remplacerait juste le régime gaulliste ! « Actuellement comme en 68, on caricature la jeunesse, on l’exploite, et la jeunesse se bat comme il y a quarante ans, l’épisode du contrat de première embauche l’a montré l’an dernier. »
Frédéric Antoine
Le roman de Philippe Vadjoux, « Enfants de floréal » est publié aux éditions In Octavo et peut être commandé dans toutes les librairies. On peut aussi trouver cet ouvrage à la librairie La Réserve à Mantes-la-Ville.
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