En pleine crise d’Airbus, on apprend que la société EADS Astrium va procéder à un plan de suppression d’emplois sur les sites des Mureaux et de Bordeaux. Cette baisse des effectifs, évaluée selon certaines sources à 100 emplois salariés et 300 emplois de prestataires, est présentée par la direction d’Astrium comme la conséquence d’une période de fin de programme d’étude pour Ariane 5, pour l’ATV (Cargo spatial) et pour le missile M. 51 (travaux d’étude sur le lanceur qui tire les ogives atomiques depuis les sous-marins). Les syndicats d’Astrium regrettent de leur côté que les fins d’études de développement des programmes civils et militaires ne soient pas compensées par des démonstrations militaires comme cela avait été envisagé en 2005. D’autre part, la CGT et FO critiquent les hypothèses d’Astrium basées sur des tirs classiques. D’après eux, des compléments d’étude seront nécessaires, « chaque tir pouvant faire apparaître un problème technique ».
400 emplois
« Cela fait au moins deux ans que l’on annonce cette fin de programmes pour Ariane 5, l’ATV et le M. 51 », déclare la direction de la communication d’Astrium - Les Mureaux. « Les pouvoirs publics, les partenaires sociaux et le Centre national des études spatiales ont été avertis de cette concomitance un peu lourde. Astrium fait en sorte d’obtenir d’autres programmes. »
La direction d’Astrium-Les Mureaux confirme aussi ce que nous apprenons d’une source syndicale : la fin de ces programmes d’études pourrait faire disparaître une centaine de postes dans l’année. Aucune information officielle en revanche sur l’impact sur les emplois de prestataires en ingénierie, des salariés extérieurs à l’entreprise auxquels Astrium fait appel en fonction de ses programmes.
Un comité économique, habilité à communiquer des chiffres affinés mais qui ne devrait pas trop varier, se réunira courant mars, associant la direction du site et les partenaires sociaux. Selon notre enquête, les salariés d’Astrium devraient être fixés sur leur sort avant la fin du mois de mars.
Aucun plan social, autrement dit aucune mesure d’accompagnement, ne sera mis en œuvre. « Tous les départs de salariés vont se faire de manière négociée », explique notre contact syndical à Astrium. « Sur les cents départs, on aura une proportion de départs Fillon et une autre proportion de salariés souhaitant quitter le site, autrement dit des “départs mobilité”. « Selon la même source, il faudra encore ajouter quelque trois cents emplois de prestataires en ingénierie à la charrette des suppressions de postes de “salariés maison”. Aux Mureaux, sur 1 700 salariés la société Astrium fait appel à 500 salariés extérieurs. L’entreprise déclare 612 emplois de ce type entre le site d’Astrium Bordeaux et Astrium Les Mureaux. Il y a fort à craindre que dans les années qui viennent ces emplois soient touchés en premier.






