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La communauté du lycée Lavoisier de Porcheville avait été très choquée.

13 mois ferme requis contre l'agresseur de la prof
L’agresseur d’une enseignante en avril 2006 au lycée Lavoisier de Porcheville a comparu jeudi devant le tribunal
Le Courrier de Mantes
Publié le:  07 mars 2007
Page 6 

L’affaire avait pris une tournure médiatique à plus d’un titre. Le 24 avril 2006, une enseignante était rouée de coups par l’un de ses élèves du lycée Lavoisier de Porcheville. Un autre élève avait filmé la scène à l’aide de son téléphone portable. Le film avait fait le tour du quartier mais aussi le tour des télévisions qui avaient évoqué le phénomène baptisé « happy slapping ».

Une violence inouïe

Jeudi dernier, devant le tribunal correctionnel, seul l’agresseur comparaissait. L’autre élève, celui qui avait filmé, sera jugé en juin. Il est poursuivi pour non-assistance à personne en danger et violation de la vie privée.

Le 24 avril 2006, l’élève arrive en retard à son cours. À peine entré, il se rue sur sa professeur, lui assène un coup de poing, puis lui lance une chaise au visage. Déséquilibrée, l’enseignante se retrouve à terre. Mais son agresseur n’en reste pas là et la roue de coups alors qu’elle est au sol. Une agression qui laissera beaucoup de séquelles, plus psychologiques que physiques, à l’enseignante. Traumatisée, celle-ci a repris le travail mais donne aujourd’hui des cours par correspondance. Elle n’a plus de contact avec des élèves « ce qui était sa vocation », insistera son avocat.

Quand le président décrit la scène, d’une extrême violence, le jeune homme ne peut que confirmer. Quant à savoir ce qui avait déclenché chez lui cette violence incontrôlée, son explication a laissé pantois le tribunal. « Elle a murmuré dans son menton. Quoi, je ne sais pas, je n’ai pas bien entendu mais je n’ai pas aimé son regard. Je me suis senti agressé par son regard, a-t-il tenté d’expliquer, ajoutant : Elle me cherchait, elle me provoquait depuis le début de l’année. »

C’est donc le regard réprobateur de l’enseignante de vie sociale face au retard de son élève qui a déclenché sa furie. Le jeune homme a tenté de minimiser la violence de l’agression en lançant maladroitement : « Pourquoi elle est revenue le lendemain au lycée, la prof ? »

Pour l’avocat de l’enseignante, ce jour-là « tout a été bafoué. La victime a regardé avec insistance dans l’espoir qu’il s’excuserait et elle a pris un coup de poing dans la figure et subi un déferlement inouï de violences ». Très remonté, il s’est dit choqué par les propos et le ton de du prévenu avant de se tourner vers le tribunal pour lui demander, « par sa décision, de rassurer le corps enseignant ».

Le procureur n’a pas été plus tendre pour des faits « qui ne supportent aucune tolérance », avant de réclamer une peine de treize mois d’emprisonnement.

L’avocat du jeune homme a de son côté regretté que celui qui a filmé ne soit pas là pour endosser une partie de la responsabilité. Pour lui, il ne s’agit pas d’un happy slapping, car « mon client n’a jamais voulu que ce soit filmé », a-t-il assuré. Quant aux explications de l’acte, il n’y en a pas selon l’avocat : « Ce n’était pas gratuit, c’était impulsif ». Puis il a demandé au tribunal de permettre au lycéen « d’avoir un petit avenir alors qu’il n’a jamais eu de passé ».

La décision dans cette affaire sera rendue le 15 mars, mais le prévenu reste bel et bien en prison. Il a en effet été condamné le même jour à six mois de prison ferme pour l’agression d’un contrôleur de bus commise le 26 janvier dernier à Mantes-la-Jolie. Ce jour-là, il n’avait pas apprécié qu’une mère de famille du quartier du Val-Fourré soit contrôlée dans le bus. Un petit groupe s’était agité. Le contrôleur avait essuyé des insultes puis un coup de poing venant de nulle part. La vidéosurveillance avait permis de confondre le jeune homme.


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