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Les salariés interpellent le directeur des ressources humaines sur leur situation. |
Mercredi matin, une cinquantaine de salariés campent devant leur usine. Il est 8 heures. C’est l’heure du café pour se réchauffer mais aussi pour se donner un peu de courage avant d’entamer la réunion avec les responsables de la direction à 9 heures.
Ils en sont déjà à leur cinquième réunion depuis le mois de décembre. Les salariés de l’entreprise sont en colère. Baisse des salaires, problèmes de sécurité, problèmes sur les fiches de paie des intérimaires, problèmes avec les contrats de professionnalisation, temps de pause non payé… les revendications sont nombreuses.
Mettre à bas les acquis sociaux
L’usine Alpa a ouvert ses portes en 1979 et compte actuellement 299 salariés. Elle fait de l’aciérie. Depuis le changement de direction, rien ne va plus. « On l’appelle l’usine de la peur. Il y a eu trois morts ici et en 2001, l’un des salariés a été amputé d’un bras. Nous travaillons dans une entreprise à haut risque et la direction incite les ouvriers à ne pas se mettre en congé maladie. Tout ça pour ne pas que leurs cotisations augmentent », assène Ghislain Antoine, délégué CGT.
Et puis, il y a ces problèmes autour des salaires : « Avant quand un ouvrier remplaçait un supérieur, il avait une prime qui correspondait à 26 % de son salaire. Ils l’ont supprimé. Ça, ça a toujours existé depuis la création de l’entreprise », continue-t-il. Et c’est ce que les ouvriers reprochent à la nouvelle direction. En effet, les manifestants la soupçonnent de réduire petit à petit les acquis depuis l’ouverture de l’usine en 1974.
Alpa fait partie du groupe Riva « qui fait de gros bénéfices », enchaîne un autre délégué syndical. « Certains responsables ont des primes qui vont jusqu’à 46 000 € pour certains à la fin de l’année. On n’en demande pas tant, mais on aimerait une part du gâteau ».
Idem pour le temps de pause qui était payé avant et qui ne l’a plus, « environ 100 € par mois pour certains », selon Ghislain Antoine. Les manifestants reprochent aussi la dévalorisation de certains postes. « De coefficient 124, certains passent à 112 sans explication ».
Enfin, les salariés s’inquiètent pour les jeunes arrivés en contrat de professionnalisation avec promesse d’embauche pour finalement ne pas être rappelés. « L’entreprise touche des primes pour les contrats de professionnalisation. Et après elle ne les embauche pas. C’est incroyable », s’exclame Ghislain Antoine.
Préavis de grève
La première réunion n’a rien donné. Une deuxième réunion a eu lieu jeudi. La direction n’a « lâché que des miettes » selon Ghislain Antoine : 13 € sur une prime. Il prépare actuellement un sondage parmi les salariés avant de prévoir une nouvelle réunion.
Les manifestants préviennent : « C’est le premier coup de fusil, un signal d’alarme. Si on n’obtient rien, on ira jusqu’à la grève ». La direction n’a pas souhaité répondre à nos questions.




