Conseil. L'OIN, un pari sur l'avenir… avec des réserves
Dans une édition précédente, nous avons présenté les zones d’intervention retenues par l’État dans la conduite de l’opération d’intérêt national Seine aval aux Mureaux. L’autre jeudi, le conseil municipal a voté l’adhésion à l’opération d'intérêt national (OIN). Adhésion franche et enthousiaste pour certains, beaucoup de réserves pour d’autres.
Le Courrier de Mantes
Publié le: 07 mars 2007
Page 29
« Compétitivité » et « attractivité », les maîtres mots de l’opération d’intérêt national, n’enlèvent pas les inquiétudes face au fait que la commune soit dépossédée de sa politique d’urbanisme sur certains espaces. Certaines parties du territoire des Mureaux ont été retenues comme des zones où l’État peut intervenir et imposer ses choix, avec l’accord toutefois préalable de la commune. Il s’agit du centre-ville et de la gare, du quartier de Bècheville autour de l’hôpital et de la zone entourant EADS.
« La décision la plus importante du mandat »
L’enjeu de l’adhésion à ce dispositif est de taille et dépasse le simple contexte communal. « C’est la décision la plus importante du mandat et des mandats à venir. Nous allons engager les Muriotins pour au moins 30 ans », a rappelé Céline Baumel, adjointe à la culture et au multimédia.
Si certains points restent flous, notamment en ce qui concerne les types de logement proposés et le financement des futurs projets, cette dernière pense que c’est un pari à prendre sur l’avenir et sur les hommes. « Cela va favoriser le développement économique et créer des emplois d’avenir, les nouvelles infrastructures vont décloisonner le territoire. » Elle réclame cependant qu’une commission municipale de l’OIN donne un avis consultatif pour chaque décision.
Les membres de l’opposition regrettent, quant à eux, la rapidité avec laquelle le sujet est traité. Joseph Tréhel (PC) dénonce « les quelques réunions d’initiés trop superficielles », et Sabine Brousse (UMP) souhaite que « l’information soit plus grande auprès des habitants et, pourquoi pas, leur demander leur avis ».
Lors du conseil municipal de jeudi dernier, le maire, François Garay a souligné qu’il s’agissait d’adhérer avant tout à « un principe bénéfique pour les citoyens » du point de vue du logement et du développement économique. Chaque projet sera ensuite présenté et expliqué à la population.
À noter que le préfet des Yvelines a créé un périmètre provisoire de Zone d’Aménagement Différé (ZAD) pour se prémunir contre les risques de spéculation foncière que pourrait engendrer l’opération. Il concerne les terrains du moto-cross, une partie du bois de Saint-Vincent et des terrains agricoles.
Claire Boulland
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