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Une vue d'artiste de la halle Sulzer transformée en centre commercial. |
Un « fantasme génial ». Mantes Université n’existe encore que dans les esprits et, partiellement, sur le papier, mais il suscite beaucoup d’enthousiasme. Y compris dans les formules du directeur de l’établissement public d’aménagement (Epamsa), qui travaille dessus, Nicolas Samsœn.
Sur la voie du redressement après les chantiers de rénovations de ses deux villes centre, l’agglomération mantaise disposera de son nouveau quartier à l’horizon 2015-2020. Il s’agit notamment de convertir le site industriel Sulzer, bâti à la fin du XIXe siècle, en un nouveau centre urbain de 3 000 habitants, comprenant 1 200 logements, des commerces, des bureaux, des équipements sportifs, une école, etc. Une zone d’activité à vocation économique, Mantes Inovaparc, située au sud-ouest sur trente-cinq hectares minimum, doit conjointement émerger pour l’appuyer.
Contraintes
Les grandes lignes de dossier sont connues de longue date. L’enjeu le plus important du montage du dossier était d’ailleurs le déplacement d’une partie des voies ferrées située à l’arrière du site industriel Sulzer. Le principe est acquis après d’âpres discussions avec les responsables de Réseau ferré de France.
Le projet s’affine un peu plus depuis le choix récent de l’urbaniste chargé d’y agencer les différents équipements.
Une signature a été retenue : il s’agit du cabinet de l’architecte-urbaniste parisien Bruno Fortier (notre entretien ci-dessous). Lauréat du Grand prix d’urbanisme 2002, il est à l’origine de l’aménagement du centre-ville de Nantes.
Un choix qui n’est pas dû au hasard : « Fortier figure dans le top 10 des plus grands urbanistes, explique le directeur de l’Epamsa, Nicolas Samsœn. C’est un signal adressé aux investisseurs pour les faire venir à leur tour. Nous souhaitons leur montrer que cette zone joue dans la cour des grands. »
Voilà pour la vitrine de ce projet ambitieux. Sur le fond, l’urbaniste planche sur un secteur où de multiples contraintes figurent au cahier des charges : outre un avenir de cœur d’agglomération, Mantes Université doit être complémentaire des centres-villes anciens de Mantes-la-Jolie et Mantes-la-Ville qu’il ne doit pas phagocyter. Cette partie du territoire communautaire sera certes dense, mais disposera de larges ouvertures sur le boulevard Salengro.
Le principe de constructions par îlots a été retenu, de même que la réversibilité du bâti, au nom de la philosophie du développement durable. Plus prosaïquement, « imaginons que, dans vingt ans, les Français ne veulent plus de zones pavillonnaires ou qu’un immeuble ne réponde plus à sa vocation première, par exemple. Il faudra éviter de devoir tout raser pour poursuivre un développement », souligne Nicolas Samsœn.
Moderne, il conservera sa charge historique industrielle à travers la halle Sulzer désaffectée de 300 mètres de long, transformée en espace commercial. Un grand espace vert doit aussi tenir en son centre. Autour de lui, un stade, une piscine et un pôle de formation sont prévus. Ce ne sont d’ailleurs là que quelques ingrédients et contraintes soumis à la réflexion de l’urbaniste.
La tâche est loin d’être achevée mais déjà quelques principes émergent comme en témoignent les esquisses présentées récemment par le cabinet Fortier. Précision : ne pas y voir des emplacements définitifs des futurs équipements mais bien l’esprit dans lequel ils seront construits…






