Les élus ont défini un cahier des charges, un urbaniste travaille désormais à l’élaboration du projet. Quels seront les rôles des élus et de l’Epamsa dans l’avancée du dossier ?
C’est le rôle traditionnel des élus : vérifier qu’il y a bien une adéquation entre le projet tel qu’il a été décidé dans ses grandes lignes et la phase opérationnelle. Quant à l’Epamsa, (Établissement public d’aménagement du Mantois Seine Aval) que je préside sa mission est celle de l’opérateur. C’est lui qui prend la responsabilité de l’aménagement de cette zone. D’abord, il en prend la responsabilité financière. C’est important : il faut que les Mantais comprennent bien qu’à aucun moment, quelques difficultés qui pourraient se produire dans cette zone, elles ne déboucheraient sur un engagement de leurs finances locales. S’il y a des bénéfices, ils seront pour l’Epamsa, mais s’il y a des pertes elles seront aussi pour l’Epamsa.
Mais il s’agit d’un établissement public, donc s’il y a déficit, il sera de toute façon comblé par de l’argent public…
Oui, l’Epamsa est une structure d’État. En cas de déficit, (que je n’envisage pas, j’ouvre cette parenthèse pour rassurer les Mantais), il serait comblé aussi bien par les contribuables de Maubeuge que ceux de Nice et pas seulement par les contribuables de Mantes-la-Jolie, Mantes-la-Ville et Buchelay. Près 40 millions de contribuables y participeraient au lieu des 40 000 que nous sommes à peu près sur les trois communes. C’est un rapport d’un pour mille.
Revenons au rôle opérationnel de l’Epamsa.
C’est l’Epamsa qui décide du programme. Il le fait bien entendu en concertation avec les maires des trois communes. C’est le moteur de ce qui sera demain la colonne vertébrale de l’agglomération mantaise et l’une des zones les plus en vue de l’opération d’intérêt nationale.
Comment allez-vous faire la “promo” de Mantes-Université auprès des investisseurs ?
En fait, ce travail a déjà commencé, il y a plus de douze ans. Je poursuis le travail que j’ai engagé comme maire de Mantes-la-Jolie. En commençant à transformer Mantes-la-Jolie, on s’est mis en situation de créer la dynamique de la confiance. Ce qui amène aujourd’hui les investisseurs à s’intéresser à l’ensemble du territoire. Parmi les sept promoteurs immobiliers qui vont faire du logement, nous avons sélectionné les quatre promoteurs immobiliers historiques entre guillemets qui sont venus prendre le risque de la Zac des Bords de Seine.
Et pour ce qui est des investisseurs liés aux activités commerciales ?
L’activité commerciale concentrée dans la grande halle a été confiée au promoteur Forum Invest, une société hollandaise qui a travaillé déjà en Europe sur des opérations similaires à celle de la grande halle. C’est-à-dire réaménager une friche industrielle de style architectural intéressant. Forum Invest va concevoir avec nous le produit commercial. Car il faut que ces surfaces commerciales viennent s’insérer dans un tissu déjà existant, entre le centre-ville et la zone de Buchelay. Il ne s’agit pas de créer un troisième pôle commercial, cela n’a pas de logique urbaine. Il faut renforcer le pôle de centre-ville qui ira de la collégiale à la “cathédrale”. Je qualifie la halle Sulzer de cathédrale dans la mesure où ses dimensions sont très majestueuses. Cela permet cette formule un peu facile. Dans cette perspective de renforcement, nous avons lancé l’opération Monoprix. Un aménagement commercial à la place de l’ancienne sous-préfecture suivra.
Le quartier s’appelle Mantes-Université. Mantes, on connaît, mais pour ce qui est de l’université, on cerne mal le sujet. Où en est-on du pôle universitaire mantais ?
Le projet est bien cerné. Le problème est qu’il nous faut obtenir toutes les autorisations et tous les financements. Le ministère de l’enseignement supérieur n’est pas très favorable à ce qu’il y ait des petites universités. Aujourd’hui, la tendance est au regroupement autour de grosses universités. Nous avons évité ce couperet puisque la création universitaire a été faite, il y a déjà une quinzaine d’années avec l’implantation de l’IUT. À partir de cette implantation, nous avions obtenu la création d’une école d’ingénieurs qui est maintenant installée dans les locaux Sulzer. Nous disposons de laboratoires en liaison avec l’université. Nous souhaitons transférer l’actuel IUT de Mantes-Gassicourt sur la zone Mantes-Université, construire l’école d’ingénieurs qui n’est actuellement qu’une configuration, regrouper les laboratoires, créer par ailleurs un CFA complémentaire de ces activités, plus orienté vers la mécatronique*, enfin trouver aussi des filières qui touchent à l’éco-industrie*. Un certain nombre de choses ont été actées, mais pour le CFA et la filière de formation autour des éco-industries, on n’en est pas là. Je dirais que le combat continue.
* Mécatronique : nouvelle discipline alliant la mécanique, l’électronique et l’informatique.
* Eco-industries : industries du traitement des déchets liés à l’activité économique.
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