La candidate socialiste aux législatives sur la 8e circonscription Françoise Descamps-Crosnier, maire de Rosny et conseillère régionale, bénéficie d’un capital notoriété. Le cas de figure est bien différent dans la 9e circonscription (*). Le PS l’a aussi confiée à une femme. Mais la comparaison s’arrête là. En effet, Dominique Francesconi, 47 ans, est une quasi inconnue. Plutôt novice en politique, cette Epônoise milite au PS depuis six ans et n’a encore aucun mandat électif.
Mais la candidate aborde cette situation délicate sans complexe et même avec une certaine sérénité. « Le fait de ne pas avoir de mandat peut être un atout. Face à deux cumulards de l’UMP que sont Henri Cuq et Pierre Amouroux, je veux incarner le renouveau », expliquait-t-elle jeudi soir lors du lancement à Mézières-sur-Seine, chez le maire socialiste Pierre Blévin.
De ce point de vue, elle a des arguments à faire valoir : « Je suis une femme qui travaille. Mère de famille de trois enfants, j’ai toujours milité dans les associations de parents d’élèves. Je connais les problèmes de scolarité et d’éducation, les problèmes de la vie chère. » Du Ségolène Royal dans le texte !
Parler politique autrement
Dominique Francesconi est secrétaire de direction au centre de formation EDF-GDF des Mureaux : « Je suis syndicaliste chez FO. Depuis vingt-cinq ans, je défends le service public », ajoute-t-elle. Bref, elle a le profil type de ces nouveaux militants que la candidate à la présidentielle souhaite voir émerger et prendre de nouvelles responsabilités au sein du parti.
Sa fraîcheur en politique, qui n’est pas dénuée d’une expérience de la vie publique et des réalités de la vie en entreprise, pourrait effectivement être un atout. À condition que les électeurs le sachent ! Or, c’est toute la difficulté dans cette circonscription très étendue, surnommée la banane à cause de sa forme, et très disparate puisqu’elle va des cités sensibles des Mureaux jusqu’à Bonnières en passant par les « quartiers chics » remplis de belles maisons de campagne du côté de Montchauvet. « Belle mais incohérente », dit la candidate.
Pour sillonner la 9e à ses côtés et marquer sa présence dans la plus grosse ville, Les Mureaux, elle a choisi comme suppléant un Muriautin : Papa Waly Danfaka. Cet enseignant de 47 ans est aussi adjoint au maire chargé de l’éducation.
Après une première distribution de tracts à 35 000 exemplaires sur l’ensemble de la circonscription, Dominique Francesconi a chaussé ses bottes de sept lieues pour parcourir la circonscription à la rencontre des habitants sur les marchés, dans les cafés : « Ce qui revient dans ces échanges, c’est que les gens ont besoin qu’on leur parle politique autrement. » Des mini-débats participatifs locaux sont aussi à l’ordre du jour. La méthode Royal fait des émules.
Son message est aussi très inspiré de la candidate : pas de doute, il y a du Ségolène dans Dominique.
« La campagne ne démarrera vraiment qu’après la présidentielle », estime-t-elle. Mais face à un poids lourd comme Henri Cuq, député de 1988 à avril 2004, date à laquelle il a cédé son siège à Pierre Amouroux pour entrer au gouvernement, prendre un peu d’avance sur le terrain ne sera pas de trop.
* La 9e circonscription comprend les communes des Mureaux et Chapet, ainsi que les cantons d’Aubergenville, Guerville, Houdan et Bonnières.
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