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Près de 300 manifestants sous les fenêtres de Pierre Bédier. |
De cinquante à 135 euros de moins sur la feuille de paye. Ça fait un choc ! C’est la désagréable surprise qu’ont eue cent cinquante travailleurs sociaux des espaces territoriaux de la Dass-Dy en découvrant leur bulletin de salaire du mois de janvier. Jeudi, ils sont venus dire leur colère sous les fenêtres de leur patron, Pierre Bédier. Ambiance sur l’avenue de Paris à Versailles, bloquée une partie de la matinée par près de trois cents manifestantes et manifestants, encadrés par la police et les CRS.
Au son de quelques refrains bien sentis, plutôt bon enfant sur l’air de « Milord », « Allez, Allez Bédier, on va pas discuter », ou beaucoup plus acides pour évoquer les démêlés du président du conseil général avec la justice, les assistantes sociales du Département ont donné le ton de la commission paritaire de la Dass-Dy qui se tenait au même moment.
Le motif du courroux : la réduction pour certains, la suppression pure et simple pour d’autres d’une bonification (la fameuse NBI) attribuée aux agents qui travaillent dans les zones urbaines sensibles.
À l’appel de l’intersyndicale CGT, FO CFDT, la grève a largement dépassé les cent cinquante agents directement concernés. Jeudi, de nombreux espaces territoriaux étaient fermés ou tournaient au ralenti dans tout le département.
Représentante de la CGT, Gaétane Pinier se félicitait de la mobilisation : « Il y a un élan de solidarité. La mobilisation est forte parce que c’est l’ensemble des professionnels de l’action sociale du Département qui se sentent concernés. On déplore une opacité totale dans l’attribution de cette prime. Certains qui ne sont pas en contact avec le public la touche désormais. D’autres qui interviennent en partie sur le terrain en zone sensible se la sont vue retirée. C’est du clientélisme et de l’arbitraire. C’est insupportable. »
Manque de reconnaissance
« Bac plus trois années d’étude pour 1 400 euros et on me retire la prime. Cela représente 116 euros en moins. Je fais comment pour vivre ? », interroge une jeune assistante sociale venue de Mantes, qui poursuit : « C’est ressenti comme une absence reconnaissance de notre travail et de notre investissement dans la mission auprès des personnes en difficulté. En plus, nous avons été prévenus par des bruits de couloirs. »
Il n’y a pas que la suppression de la prime qui fait grincer les dents. Il y a aussi la méthode. En effet, les services sociaux du département sont en cours de réorganisation après un audit mené par un cabinet extérieur. « À part les cadres et quelques agents, il n’y a eu aucune concertation. Nous pouvons nous aussi être force de propositions. Mais sûrement pas en mettant en place une messagerie électronique à la dernière minute pour nous demander de faire de suggestions parce qu’on ne nous avait pas consultés avant », explique une manifestante.
L’inquiétude s’exprime aussi concernant le remboursement des frais de déplacements et les tickets restaurants.
La bourde
Au terme de la commission paritaire, Pierre Bédier a reconnu la « bourde » : « Nous sommes partis sur la base d’une mauvaise évaluation. D’après nos informations, le nouveau système indiciaire devait avoir un impact de 10 à 15 euros. Il ne s’agissait pas de faire des économies mais d’opérer une refonte plus juste de l’attribution de cette bonification », a-t-il expliqué en annonçant que le Département allait immédiatement surseoir à l’application des nouveaux critères de calcul jusqu’en mai, le temps de recevoir toutes les personnes concernées et de réaliser un double examen de la situation par les services de la Dass-Dy et par la direction des ressources humaines du conseil général.




