Samedi 3 mars, elle sera à Rosny pour animer une scène slam ouverte à tous (de 15 heures à 17 heures à La Passerelle) qui sera suivie d’un débat sur « le regard porté aux femmes ».
Elle bourlingue Eva, d’atelier en atelier, de ville en ville, promenant son slam à travers la région comme un étendard. Parisienne amoureuse du Mantois, elle s’y est installée depuis quinze ans pour satisfaire « son envie de campagne ». Envie de calme aussi, sans doute, pour nourrir sa créativité et, peut-être, son unique certitude : « J’ai décidé d’écrire à l’âge de six ans. Je savais que je voulais être une artiste. » Engagée forcément. « Ça sert à ça l’art, à faire bouger les choses. Je suis une idéaliste. Je crois qu’être humain, ça se mérite. Il faut faire preuve de ténacité, de persévérance », assène-t-elle.
Elle a vécu quelques vies, Eva. Trois ans aux États-Unis pour apprendre le métier de réalisateur. « Je n’ai pas voulu vivre là-bas, j’aime trop la France. » Institutrice pendant dix ans parce que passionnée par « la transmission du savoir » et puis, le coup de foudre, au printemps 2004 : sa première scène slam. « J’ai redécouvert la poésie. Une telle liberté d’expression, ça m’a ouvert le champ des possibles. Et puis, sur scène, il faut faire passer des émotions. On se retrouve comme nu devant le public. »
Pas simple alors de slamer ses textes forts. Elle y parle des violences contre les femmes (« Ne crois pas que ton mec changera/Ne crois pas que c’est toi qui le guérira/Ce qu’il aime en toi c’est que t’acceptes son fracas/Et que sans problème il t’écrasera »), d’intolérance (« Pas besoin d’être black/Pas besoin d’être beur/Même si je suis carrément blanche/Ça ne nous empêche pas de partager les branches/D’un arbre qui s’appelle/L’humanité les femmes les hommes les enfants pêle-mêle ») avec toujours un besoin de faire passer un message. « Ce n’est pas forcément simple », reconnaît-elle en livrant un extrait d’un texte inédit : « Quelle langue veux-tu que je parle pour que tu ne m’entendes pas ? »
Depuis quelques mois, elle devient de plus en plus artiste, Eva. Le slam a le vent en poupe et son album « Grave ta trace » est en écoute à la Fnac. « C’est chouette. J’ai envie que ça marche. Il faudrait que je trouve un producteur. » Entre ses ateliers, ses scènes et tous ses projets, Eva aurait-elle peur de ne pas graver assez sa trace ?
Pour imprimer cet article
Envoyez cet article à un ami
Autres articles associés