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La fontaine, ici vingt-quatre heures avant la pose de la partie centrale, sera inaugurée début mars. |
La fontaine est-elle un travail sur mesure ou une pièce issue d’un catalogue ?
On a travaillé d’après les plans de la société Wattelet. De notre côté, la tâche n’a pas été vraiment difficile. C’est une fontaine assez sobre, cubique, avec un cubage, c’est-à-dire un nombre de pierres important.
Elle est tout de même posée sur un plan incliné, ce qui suppose peut-être une difficulté…
Ça n’est qu’une étude de niveaux : certaines marches sont entièrement visibles, d’autres ne le sont qu’à peine. Il en existe d’autres plus compliquées à mettre en œuvre. Il s’agit réellement d’un travail de plan et de maçonnerie.
Comment se déroule la découpe des pierres ?
Cette fontaine est faite d’estaillades, une pierre que l’on trouve dans le Lubéron. Nous recevons des blocs de sept tonnes, qui mesurent 2,20 mètres, sur 1,5 m et 1,20. Une machine, que nous appelons dans le jargon une guillotine, en découpe des tranches à sec. Chacune est ensuite passée sur une débiteuse, qui comporte un disque de diamant et qui projette un jet d’eau. Il faut compter environ une dizaine de minutes pour la découpe de chaque bloc. Le véritable travail de l’artisan intervient après, sur la partie centrale par exemple, là où la machine ne peut pas intervenir. Pour tout faire, il a fallu environ deux semaines.
L’activité de tailleur de pierre se porte bien ?
Pour moi, ça va. C’est moins évident pour d’autres. Mon grand-père exerçait cette profession, mon père aussi, dans les Vosges. J’ai commencé à 16 ans. J’en ai aujourd’hui 46. Mon entreprise emploie aujourd’hui douze personnes. Je fais 65 % du chiffre d’affaires à l’exportation. D’ailleurs, notre site internet est traduit en russe, en chinois, en arabe, en néerlandais. Nos produits sont surtout expédiés à des professionnels qui les revendent dans chaque pays.
Qu’est-ce qui fait la qualité d’une fontaine de pierre, selon vous ?
Je suis attaché à la qualité esthétique, aux proportions hauteur et largeur, par exemple. Je ne regarde l’aspect technique qu’après.
Votre plus belle réalisation ?
C’est un escalier, avec trois quarts tournants, en pierre de Lens, qui se trouve chez un particulier de la région. Je suis aussi fier de la façade d’un hôtel de Ramatuelle.
Les qualités d’un bon tailleur de pierre ?
Il faut être tenace, aimer souffrir : je porte toute la journée une machine qui fait cinq kilos, on travaille dans la poussière et le bruit. Il faut aussi aimer se battre contre la matière.
Pour en savoir plus : www.sculptures-bidal.com




