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Ahlam Sehil : « Faire reculer l’adversaire. » |
Ses jeunes frères pratiquaient le kick-boxing à la salle du Val-Fourré. C’est là qu’elle a découvert la boxe anglaise et le cours de Serge Pokou. La jeune fille n’avait jamais pratiqué d’activité sportive en dehors de l’école.
De 1999 à 2005, elle ne fait pas de compétition, se consacre à la “boxe loisirs”. Ses parents, à l’époque, n’étaient chauds ni pour la boxe, ni pour la compétition.
Ses débuts impressionnent. D’emblée, elle remporte le titre de championne de France en 2005. L’année dernière, la boxeuse a été empêchée de combattre, la fédération ayant durci les conditions de nationalité (la naturalisation d’Ahlam, d’origine algérienne, était alors en cours).
Ahlam Sehil ne connaît pas son adversaire de samedi, l’Alsacienne Saliha Ouchen, championne de France en titre. « Je l’ai croisée en stage mais je ne l’ai jamais boxée. Je sais qu’elle a de bons directs. » Ouchen est vice-championne d’Europe alors que la Mantaise n’a pas cette expérience internationale, même si elle a participé à un match France-Suède il y a quelques mois. En dépit de sa jeune expérience, Ahlam constate que « le niveau monte, il y a de plus en plus de filles ». Faut-il y voir un effet du film d’Eastwood « Million Dollar Baby » ? Toujours est-il que les filles pratiquent de plus en plus nombreuses le “noble art”. Ainsi, rien qu’au Boxing Oxygène de Mantes, quatre boxeuses ont été inscrites dans les compétitions nationales.
Ahlam s’entraîne deux heures par jour avec ses nouveaux entraîneurs, Olivier Dacosta et Joseph Mendy. Leur méthode diffère de celle de Pokou : « On est davantage en situation, avec les gants », dit-elle. Le club est riche en sparring-partners de qualité, dont l’international junior Zouhir Saïdj.
Nulle forfanterie chez la boxeuse. Ahlam ne frime pas. Elle n’annonce pas (comme d’autres feraient) qu’elle va écrabouiller son adversaire. Bien sûr, elle tient à gagner. Mais elle dit aussi : « Gagner ou perdre, ça ne va pas bouleverser ma vie. » Sa vie est ailleurs, aussi : elle donne la priorité à ses études de physique-chimie.
En demi-finale, elle a eu quelque peine à se défaire de Dorothée Nougué-Cazenave (Fontainebleau) qui l’a empêchée de développer son style, lequel consiste à « rentrer sur l’adversaire et la faire reculer ». Au lieu de ça, le combat fut une suite d’accrochages épuisants.
Pour faire reculer Ouchen, la Mantaise promet de tout faire. Elle voit déjà plus loin, les championnats d’Europe, en octobre : « Je vais essayer de m’y incruster. »




