Pour son premier passage dans le Mantois, le candidat UDF à l’élection présidentielle a mis le paquet. Une journée complète à arpenter le Val Fourré.
Arrivé en train à 12 h 30, François Bayrou est accompagné de 80 journalistes. Il accorde ses premières interviews sur le quai. Aziz Senni piaffe d’impatience. Le candidat à l’investiture UDF pour les élections législatives dans le Mantois se fraye un chemin parmi les micros et les caméras pour embrasser son candidat. Il ne le lâchera pas de la journée. Une demi-heure après l’arrivée du train, François Bayrou quitte la gare à bord d’un taxi collectif appartenant à la société d’Aziz Senni. Direction : le Val Fourré.
Bain de foule
A l’entrée du marché, le candidat à la présidentielle et son hôte préviennent les journalistes qui se bousculent. « Vous êtes responsables de vos actes ! » lâche Senni. Un long chemin commence. Vitesse : 20 mètres à l’heure. Bayrou n’en finit pas de serrer des mains jusqu’au restaurant “Le Riyad”, sur la dalle, où l’attendent les amis de Senni : l’association des jeunes entrepreneurs. L’endroit est habitué à recevoir des personnalités politiques, mais plutôt UMP. Il est 14 h 20 lorsque le candidat arrive enfin. Dehors, on se bouscule encore. Après la collation, la visite du marché est très agitée.
A 16 h 30, sur les ondes de Radio droit de cité, où il demande à ce qu’on « redonne aux auditeurs les numéros » de téléphone où ils peuvent poser leurs questions, il s’adresse aux jeunes, « qui attendent qu’on les reconnaisse ». Des « efforts de compréhension » sont nécessaires « pour qu’ils ne soient pas des jeunes qu’on laisse sur le côté de la route ».
Le candidat de l’UMP Nicolas Sarkozy est en tête dans les sondages ? « On ne peut pas dire qu’il le soit ce (vendredi) matin au marché du Val-Fourré. »
Cette journée de dix heures à Mantes-la-Jolie et Mantes-la-Ville lui a permis de prendre le temps d’écouter ses interlocuteurs, lors d’un huis clos d’une heure trente avec plusieurs enseignants du collège Chénier. « Nous avons juste exprimé nos idées pour que les élèves puissent progresser, et présenté le travail réalisé ici, résumera l’un d’eux. Il nous a écoutés. Mais nous ne sommes pas venus pour faire de la politique. Nous attendons les propositions de tout le monde. »
« On a parlé de solutions, mais pas de promesses électorales », souligne le candidat qui, après une photo souvenir avec l’équipe de basket, au gymnase Souquet, file à Mantes-la-Ville, direction l’ex-Petit Gavroche, devenu le Show Case.
Bayrou se dit « très ému » par la journée et l’accueil « affectueux » qui lui a été réservé.
Pour le dîner débat, les 200 femmes, jeunes filles et mères de banlieues annoncées ne sont manifestement pas toutes au rendez-vous. Le candidat tenait à s’adresser aux femmes de façon générale, à celles qui élèvent seules leurs enfants, notamment. Du débat, il attend des idées : « De quoi avons-nous besoin ? Quelle aide un pays qui serait juste pourrait-il apporter ? Que faut-il faire pour que les mamans soient aidées dans leurs responsabilités ? Qui veut prendre la parole ? »
« Que pensez-vous du voile ? », l’interroge l’une des participantes. La salle ne compte qu’une dizaine de femmes voilées. Debout derrière deux d’entre elles, le candidat à l’élection présidentielle répond : « Chacun a droit à sa foi et à ses pratiques. Tout le monde a le droit aux signes de foi qui sont les siens », mais à l’école « pas de signe extérieur ». Bref, il s’en tient au texte.
Ses propositions
Sur le plan de la sécurité intérieure, il souhaite une « police fidélisée » aux quartiers, « qui ne serve pas que les jours de crise et qui soit formée à son rôle de prévention. »
Sur le logement, François Bayrou souhaite la mixité sociale et envisage « dans tout programme de construction, un logement d’urgence, un logement ultra-social, même s’il est modeste. » Il souhaite que les classes moyennes reviennent dans les quartiers sensibles. « Cela prendra du temps » admet-il.
Sur les conditions de détention en prison, le candidat UDF préfère, s’agissant des jeunes détenus, des « vrais travaux d’intérêt général » à la détention. « La prison, ce n’est pas la solution. C’est même une aggravation de certaines situations. »
Autour du thème du pouvoir d’achat, François Bayrou démonte les arguments de ses adversaires politiques sur le smic : 1 500 € au bout de cinq ans ? « C’est le même smic qu’aujourd’hui » qui tiendra compte de l’augmentation du coût de la vie, estime-t-il.
« Si on augmente les salaires, il y aura de moins en moins d’emploi et de plus en plus de personnes au smic. » Et de rappeler ses propositions : la création de deux emplois sans charges - temporairement - dans les entreprises, des heures supplémentaires payées 35 % de plus que les heures habituelles mais sans charges supplémentaires. « Il faut aussi inciter les entreprises à partager les bénéfices. »
F.L. et L.V.
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