Jeans, basket et pull marin. Au niveau du cœur, une inscription : « Hissez haut ».
Le nouveau commandant de bord donne une image plutôt décontractée. Ne faut-il pas s’y fier ? On peut être totalement novice dans la fonction, les oreilles attentives aux conseils, on n’en demeure pas moins « rigoureux et exigeant ». Jean-Louis Fournier l’a montré dimanche matin.
Élu sans surprise - il était le seul candidat pour un poste dont personne ne voulait - il a ainsi fixé le cap : « J’ai toujours travaillé en équipe. Nous sommes onze, comme dans une équipe de football. Tous les conseillers devront bosser. Nous ferons le maximum pour Saint-Illiers. J’ai des défauts et je ne supporte pas d’arriver en retard à une réunion. Elles démarreront donc à l’heure. »
Ferme, mais pas fermé : « Si, sur une décision, je suis mis en minorité, cela ne posera aucun problème. C’est le conseil municipal qui décidera », dira-t-il également à l’issue de la séance.
Avec dix voix pour lui, Jean-Louis Fournier fait appel aux bonnes volontés pour prendre les fauteuils d’adjoints. Aider à tenir la barre, pour un tout premier mandat, il faut oser. Plusieurs élus reconnaissent qu’ils préfèrent ne pas s’y coller, faute de temps. Pas simple, effectivement, en secteur rural où les élus ne peuvent pas s’appuyer sur une équipe administrative de professionnels et doivent quotidiennement tout assumer.
Une femme aux finances
Tant pis pour la parité dans le quartet de l’exécutif, pourtant appelée des vœux du maire. Une satisfaction sur ce point quand même : le premier adjoint sera une femme. Françoise Allano a accepté de devenir grand argentier de la commune.
Jean Boudry et Bernard Dagory deviennent respectivement second et troisième adjoint, confirme le vote à bulletin secret qui suit.
La prochaine réunion du conseil, qui doit distribuer les sièges au sein des commissions et autres syndicats intercommunaux, est prévue vendredi soir.
En une heure, l’ordre du jour est épuisé. Applaudissements. Le champagne peut être débouché.
Alors, ça fait quoi d’être officiellement élu maire quand connaît peu la chose publique ? « Rien. Je m’étais fait à l’idée et à la charge qui m’incombe quand la liste a été montée et pendant la réunion préparatoire. J’ai surtout l’impression que l’équipe est bien motivée. J’ai plein de choses à apprendre. Et à transmettre. »
Le conseiller général et maire de Freneuse, Didier Jouy félicite son nouveau collègue. « Bonne réussite, bon vent ! », lui lance son prédécesseur, Michel Millon.
Il ne s’agit toutefois bien que d’un mandat de transition. En 2008, il faudra choisir un nouvel équipage. Avec Jean-Louis Fournier une seconde fois à sa tête ? À voir dit l’intéressé.
Il dispose d’un an pour savoir s’il éprouve ou pas le mal de maire.
b Bio express
Jean-Louis Fournier soufflera sa 63e bougie le 31 mars. Veuf, père d’une fille de 35 ans enseignante, il a vu le jour rue Vercingétorix, à Paris, où il a passé son enfance. Mais c’est à Saint-Illiers, où sa grand-mère avait acheté une demeure, qu’il a passé l’essentiel de ses vacances. « La photo de mes premiers pas a d’ailleurs été prise sur le perron de cette maison. »
Né d’un père originaire du massif central et d’une mère des Charentes, il en a gardé « le bon sens paysan ». Adulte, Jean-Louis Fournier a fait carrière chez Kodak - Pathé, à Paris. Sa préretraite acquise à 55 ans, il a continué à se passionner pour le cinéma « français, américain ou d’auteur. » La projection de DVD à la maison a depuis remplacé le fauteuil des salles obscures.
Son mandat devrait aussi lui laisser moins de temps pour la pêche à la truite, son autre dada.






