Tous les ans au mois de janvier, c’est le même rituel. Le conseil municipal se met sur son 31 et met les petits plats dans les grands. La cérémonie des vœux est un passage obligé de la vie locale. Certains estimeront que ce genre de sauterie parfois interminable est un peu ringard, d’autres apprécieront le moment de rencontres et d’échanges.
Les maires en tout cas y sont très attachés. Certains apportent un soin tout particulier au cérémonial. Dans le Mantois, depuis quelques années, les grosses villes rivalisent dans la mise en scène et dans la qualité des buffets. Y a-t-il eu inflation des dépenses ? Les maires jurent que non. Les budgets sont à peu près identiques d’une année sur l’autre, assurent-ils
Mais au fait une réception des vœux, ça coûte combien ? C’est la question que « Le Courrier » a posée à une douzaine de communes (les principales de la région). À l’exception de Limay, de Rosny et de Meulan qui ont sorti leurs chiffres illico presto, certaines ont hésité longuement avant de répondre. Les téléphones ont chauffé dans les services communication. On s’est consulté avant de sortir les chiffres.
Dominique Braye, le président de la communauté d’agglomération de Mantes-en-Yvelines, a exprimé une fin de non-recevoir sur le sujet. Idem pour Serge Thiebaut à Flins-sur-Seine et Gérard Raspaud à Epône.
L’honnêteté nous oblige à préciser que nous n’avons pas eu accès aux factures. Les chiffres que nous publions sont le résultat des déclarations que les communes ont bien voulu nous faire, en espérant qu’elles ont toutes joué le jeu de la transparence.
Les moins dépensières
Dans la catégorie des moins dépensières, on retrouve Meulan (3 170 euros de buffet pour 250 à 300 convives) et Limay (6 190 euros pour environ 500 invités). Amateurs de toasts fins, de bon champagne passe ton chemin. Ces deux communes font dans le convivial, pas cher. Le canapé est un peu sec, la charcuterie de base. Bref on vient plutôt pour l’ambiance : « Les vœux sont pour moi une cérémonie traditionnelle, une occasion de lancer des messages aux Meulanais. C’est aussi un moment de convivialité. Je trouve ça très sympathique. Mais je suis formellement opposé aux vœux « trottoirs » qui consistent à énumérer toute la nouvelle voirie de la commune ! », affirme le maire de Meulan, Guy Poirier.
Même point de vue pour le maire de Limay Jacques Saint-Amaux : « Il s’agit d’un moment convivial. C’est l’occasion pour tout le monde de se rencontrer et de passer un bon moment. C’est tout. On ne peut pas se décréter ville pauvre et dépenser à tout va pour ce genre de cérémonie. » Ainsi les chalets ont « été prêtés par une commune », ajoute-t-il. Et l’ambiance était assurée par les élèves de l’école de musique. Quant aux fleurs, « les services techniques les utiliseront pour autre chose ». Rien n’est jeté. Tout est recyclé.
« C’est la République qui reçoit »
Au milieu du classement, figurent Mantes-la-Jolie, Les Mureaux, Aubergenville. Des villes qui, par leur taille ou par leurs rentrées financières, ont des budgets plus importants. Mantes-la-Jolie et Les Mureaux avaient choisi la thématique des cinq continents pour le buffet. La première avait fait très sobre dans les animations et la déco comparées aux années précédentes. Les Mureaux s’étaient un peu lâchés sur la “com” en proposant aux invités de reconstituer un puzzle géant de la ville en pleine rénovation urbaine.
À Aubergenville, les buffets n’ont plus le faste des années soixante-dix. En revanche, fait plutôt sympathique, tous les habitants de la commune sont invités. Ils reçoivent le carton dans leur boîte à lettres en même temps que le journal municipal.
Ramené au nombre d’habitants, c’est Mantes-la-Ville qui dépense le plus, mais il faut reconnaître que la mise en scène et le buffet sont parmi ce qui se fait de mieux dans la région. Le maire Annette Peulvast y tient : « C’est la République qui reçoit. Elle reçoit à la hauteur de la considération qu’elle porte aux citoyens. »
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