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En dépit de la position favorable de la Région, l’association “Sauvons les Yvelines” reste mobilisée. |
La Région devrait défendre un projet alternatif de contournement des communes saturées par le trafic routier (Nézel, Maule, Beynes). La “Voie nouvelle de la vallée de la Mauldre” ne sera pas inscrite au prochain schéma directeur (lire notre édition précédente). Le conseil régional prendra une décision dans une semaine, en adoptant le nouveau SDRIF. Mais sûrs de la victoire acquise, la conférence de presse des militants de Sauvons les Yvelines, vendredi, avait comme un air de célébration.
Nous avons déjà présenté dans nos colonnes l’argument majeur des opposants à la route : la “Voie nouvelle de la vallée de la Mauldre” ne s’inscrit pas seulement comme un aménagement local, mais « comme un projet structurant à vocation nationale, destiné à un trafic international ». L’association Sauvons les Yvelines craint que cette nouvelle infrastructure n’augmente le trafic routier plus qu’elle ne le résorbe, et qu’elle entraîne de l’urbanisation.
Pour Marc Raymond, vice-président de l’association Sauvons les Yvelines et vice-président de l’association Ile-de-France Environnement, membre du conseil économique et social l’Ile-de-France, « le combat de “Sauvons les Yvelines” n’était pas un combat d’arrière-garde », rappelant que le protocole de Kyoto incite les pays signataires à réduire les pollutions routières. Inutile d’insister, « le réseau routier actuel en Ile-de-France n’a pas besoin d’infrastructures complémentaires », complète Marc Raymond.
“Agriculture de proximité”
Près de lui, Bertrand Caffin, adjoint au maire de Bazemont et agriculteur, revient sur le coût de ce projet de route pour les espaces agricoles yvelinois. « Ce sont les meilleures terres d’Ile-de-France qui pourraient être sacrifiées », répète-t-il. Aussi « préserver cette agriculture incarne mieux une politique tournée vers l’avenir », estime Bertrand Caffin, partant du principe que cette agriculture appelée à devenir « une agriculture de proximité » est conservatrice d’espaces naturels. Le risque est grand, à l’inverse, « si la déviation bouclant la quatrième rocade devait voir le jour », que l’Ile-de-France ne devienne « une mégalopole invivable », prévient l’élu de Bazemont.
« Le conseil régional a reconnu qu’il ne s’agissait pas d’une déviation locale, mais bien du maillage de la quatrième rocade d’Ile-de-France », explique Pascale Oger, maire de Montainville et secrétaire de “Sauvons les Yvelines”. L’élue s’est érigée en pasionaria des “antiroutes” depuis un an. « On a voulu monter les élus locaux les uns contre les autres en usant de mensonges ! », dénonce-t-elle. « Maintenant nous avons le saucisson ! », reprend à sa suite Marc Raymond, « jusqu’à maintenant, on nous présentait que des tranches… » Fier de l’action menée par les associations de défense de l’environnement dans cette bataille, Marc Raymond rappelle à dessein que « les associations ont changé de nature : aujourd’hui leurs responsables ont la même formation que les gens qui construisent des routes (N.D.L.R., Marc Raymond est lui-même ingénieur à la retraite) ». Il fallait comprendre qu’ils ont désormais la capacité, par leur formation, d’analyser les projets d’aménagements routiers, et de ne pas se faire berner par des discours.




