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Gilbert Lair : « La région nous condamne pour trente ans. » |
Le Courrier : La Région Ile-de-France ne devrait pas inscrire au schéma directeur la déviation de la Mauldre. Quelle est votre réaction ?
Gilbert Lair : C’est un projet attendu depuis trente ans au moins. Daniel Demaison, l’ancien conseiller général, l’a porté depuis 1992, et a fait en sorte qu’il soit inscrit au chapitre des travaux urgents à réaliser. Le précédent schéma directeur identifiait un tracé. Plus de 100 000 euros ont été consacrés aux études. Avec l’opération d’intérêt national, on commençait à y croire ! J’ai le sentiment d’un énorme gâchis et que la vie des habitants de la vallée compte peu. J’ai rencontré Mireille Ferri vice-présidente chargée de l’aménagement du territoire (Les Verts) pour lui faire part de mon inquiétude. Les décideurs de la Région ne sont pas venus sur le terrain. Même certains maires locaux ne se sont pas déplacés à Nézel…
Comment allez-vous communiquer auprès des habitants ?
La population s’est rajeunie, et je comptais sur cette déviation pour continuer à accueillir de jeunes foyers. J’ai communiqué très timidement sur l’opération d’intérêt national, on apprend aussi à devenir plus prudent.
Estimez-vous illégitime la réaction des opposants à la route ?
Je comprends que les gens soient tranquilles sur le plateau et ne veuillent pas d’une route supplémentaire qui leur amènerait du trafic. Mais je condamne leur égoïsme, et leurs propositions de déviations alternatives locales ne sont pas vraiment réalisables. Et d’ailleurs, les aménageurs y auraient songé depuis longtemps ! Entre Aulnay et Nézel c’est impossible, créer cette déviation à Maule ce serait une bêtise, alors derrière Mareil ?.. on ne réglerait pas le problème d’Andelu et de Montainville.
À Soindres, en plein champs on peut faire une déviation, ici on est coincé entre la Mauldre et les coteaux. L’attitude des opposants à la route va contre les intérêts des habitants de la vallée qui souffrent de la circulation des poids lourds.
Craignez-vous que le problème ne dure encore trente ans ?
Sur les plans, on se retrouve aujourd’hui au stade d’il y a cinquante ans, avec un pointillé en fond de vallée… Autant dire, que tout tracé y est complètement illusoire vu la topographie, et à cause des risques de crues. Ce projet n’en est pas un non plus. Je garde espoir, mais je ne vois pas ce qui pourrait débloquer la situation. Cette décision porte vraiment un coup au moral des 1 000 habitants de Nézel. La Région Ile-de-France nous a condamnés pour trente ans…




