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0 h 10 : les marcheurs, partis de Boulogne, affrontent la première difficulté du parcours : les marches de Saint-Cloud. Il reste 52 kilomètres.

Le renouveau de la marche Paris-Mantes
L’ASM peut avoir le sourire : avec ses 3 428 marcheurs sur les quatre parcours Paris-Mantes à la marche retrouve un second souffle. Pour la première fois depuis plusieurs années, l’épreuve mythique des 54 km au départ de Boulogne-Billancourt affiche une hausse des inscrits. Autre bonne nouvelle : les jeunes sont de retour.
Le Courrier de Mantes
Publié le:  31 janvier 2007
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Elle a beau afficher soixante-douze printemps au compteur la vieille dame se porte comme un charme. Au grand bonheur de l’AS mantaise, l’édition 2007 a battu des records de participation depuis plusieurs années. Dimanche dans la nuit, 3 428 marcheurs se sont alignés sur les différents points de départ de l’épreuve. « Lors des dernières éditions, nous avions enregistré une tendance à la baisse sur le parcours phare des 54 km au départ de Boulogne-Billancout. Cette année on remonte, c’est important car c’est le parcours historique », souligne Michel Vaurabourg, le vice-président de l’ASM, coordinateur du Paris-Mantes à la marche.

L’épreuve phare redore son blason

Autre motif de satisfaction : la participation des jeunes. « Cette marche a ses fidèles depuis des décennies. En même temps qu’une certaine baisse, nous observions un vieillissement des participants. Cette fois, les jeunes sont venus en nombre. Le fait qu’il y ait à nouveau des jeunes, c’est très bon pour l’avenir. A l’arrivée, ils ont dit qu’ils reviendraient », poursuit-il.

Comment expliquer le renouveau de cette épreuve où il n’y a rien à gagner, pas de classement, où la médiatisation nationale est inexistante ? Les organisateurs n’ont pas forcément la réponse. Peut-être le goût de l’exploit et du défi personnel ?

« Nous avons de plus en plus d’inscriptions individuelles et de moins en moins par l’intermédiaire des clubs sportifs ou d’entreprises », note le président de l’ASM, Francis Dumont. Paris-Mantes se “marche ” de plus en plus entre amis ou en famille.

150 bénévoles

Le succès vient aussi certainement du travail des 150 bénévoles qui assurent une sécurité sans faille du départ jusqu’à l’arrivée avec balisage, points de ravitaillement et assistance tout à long du parcours en cas de bobos, sans oublier bien sûr la voiture-balai.

Il vient aussi de la création de parcours intermédiaires qui offrent aux néophytes la possibilité de se frotter à cette marche historique sans s’attaquer directement aux 54 km. Ainsi Paris-Mantes se décline en trois parcours intermédiaires, de 38 km au départ de Saint-Nom-la-Bretèche (709 participants) 20 km au départ de Maule (370 participants) et 12 km au départ de Jumeauville (257 participants). « Beaucoup de gens qui avaient commencé par le 12 km s’attaquent désormais au 20 ou au 38 km », remarque Jacques Le Polotec, président de la section marche de l’ASM. Une belle montée en puissance pour les nouveaux adeptes de la marche à pied.

Objectif pour l’édition 2008 ? Faire aussi bien qu’en 2007.

Dans la nuit, le froid et le brouillard : du plaisir !

Une rangée de petites lumières perce le brouillard. Elles sont rares et rapides au début. Puis elles deviennent nombreuses mais plus lentes, parfois trébuchantes. Ce sont les lampes frontales des marcheurs de Paris-Mantes.

Les premiers détournent l’esprit de la manifestation. Amateurs de course longue distance, ils profitent de cette nuit où le parcours est fléché et sécurisé pour s’offrir 54 km d’endurance. Arrive ensuite la foule. Les clubs de marcheurs, les habitués, des jeunes et des moins jeunes.

« Paris-Mantes, c’est une occasion de se retrouver, confie Laurence, au sein d’un groupe d’amis. C’est un défi. Cette année, c’est l’humidité qui représente une difficulté. Le plus long, c’est la forêt de Marly. On fait les vingt premiers kilomètres grâce à la condition physique. Le reste, c’est au mental. »

Les marcheurs peuvent se ressourcer aux différents points de ravitaillement tenus par les sections de l’AS Mantaise. On boit une soupe à la ferme des Alluets après avoir traversé le terrible plateau. Cette année, la ligne droite n’était pas trop exposée au vent. C’est aussi l’occasion de voir que les sourires affichés à Boulogne sont devenus des grimaces. On se réchauffe un peu, le corps et le cœur, et c’est reparti.

Un minimum de préparation physique est nécessaire. Les paris relevés au jour de l’an sont durs à tenir même pour ceux qui sont sportifs. L’effort de la marche est particulier et il vaut mieux être bien équipé. « Le plus souvent, on voit des ampoules, des douleurs musculaires ou articulaires. Sur la fin, il y a quelques gros coups de fatigue aussi », confie l’un des quarante secouristes de la Croix-Rouge. Il y a surtout quelques grands éclats de rire. L’ambiance bon enfant du ravitaillement de Senneville est réputée pour faire oublier qu’il reste un peu plus de sept kilomètres à parcourir.

Eparpillés dans la campagne, les marcheurs arrivent peu à peu à Mantes. Le soleil se lève. Il reste le souvenir d’une nuit de marche dans le brouillard. Du plaisir.

L. V.


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